En cette fin de semaine, les températures sont remontées, la neige a fondu. Météo France a annoncé, ce jeudi 8 janvier, que la capitale passait d’une vigilance jaune à une vigilance verte.

« Avec ce passage, les conditions du plan grand froid ne sont plus réunies », annonce la préfecture de région, ce vendredi 9 janvier. Ce dispositif visant à héberger des sans-abri avait été actionné le dimanche 28 décembre 2025.

Au total, 2 143 places d’hébergement d’urgence ont été ouvertes, réparties dans une trentaine de sites à Paris, entre les gymnases du Crous (Ve), le Carreau du Temple (IIIe), la Villette (XIXe) ou le Grand Palais (VIIIe). Ce jeudi 9 janvier, 1 845 personnes avaient ainsi été mises à l’abri, selon les derniers chiffres fournis par la préfecture de région. « Ce matin, il n’y avait pas de demandes non pourvues au 115 », complète Marc Guillaume, préfet de région d’Île-de-France.

Hébergés jusqu’à quand ?

Malgré la levée du dispositif, les personnes pourront rester dormir au chaud. « On a demandé à aucune de ces associations de fermer les lieux, précise le représentant de l’État. L’accompagnement social des personnes hébergées va se poursuivre. » Les sites resteront réquisitionnés. Jusqu’à quand ? « Cela va prendre le temps que cela prendra », rétorque le préfet.

Du côté des associations interrogées par le Parisien, on préfère rester méfiant quant à l’annonce de la préfecture. « On sait que chaque mise à l’abri est toujours suivie d’une remise à la rue », déclare Luc Viger, d’Utopia 56.

« Gestion du thermomètre »

Il illustre : « C’était notamment le cas pendant la période des Jeux olympiques. Plus de 1 000 personnes ont été mises à l’abri mais au fil des semaines et des mois, elles ont été remises à la rue, que ce soit directement ou indirectement. » Avec des orientations en région, par exemple, pas adaptées aux personnes qui travaillent ou qui ont une famille dans la capitale.

Pour Marie Rolland, chargée de mission pour la Fédération Acteurs Solidarité Île-de-France, cette incertitude génère également « beaucoup de stress ». « Les personnes hébergées ne savent pas quand est-ce que cela va s’arrêter, si elles vont être recasées quelque part ou pas… » Et de dénoncer « cette gestion au thermomètre ».