Jacques et Jessica Moretti, les propriétaires du Constellation visés par une instruction pénale pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence », ont été entendus par la justice suisse ce vendredi 9 janvier.
AFP – AFP or licensors – FABRICE COFFRINI
Le propriétaire du bar Le Constellation, Jacques Moretti, a été placé en détention préventive par le ministère public à Sion, dans le Valais en Suisse, ce vendredi 9 janvier. Sa femme, Jessica Moretti, est libre, selon une information de nos confrères de BFMTV, confirmée par l’Agence France Presse.
Le couple – dont le mari est d’origine corse – est visé par une instruction pénale pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence », à la suite de l’incendie qui s’est déclaré dans leur établissement dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2026. La tragédie a fait 40 morts, dont une vingtaine de mineurs et plus de 116 blessés, selon les derniers chiffres communiqués par les autorités suisses.
Jessica et Jacques Moretti ont été auditionnés par la justice suisse ce vendredi, pendant plus de six heures, en marge d’une journée d’hommages aux victimes.
La tragédie a fait 40 morts, dont une vingtaine de mineurs, et plus de 110 blessés. AFP – MAXIME SCHMID
« Une nouvelle analyse du risque de fuite a été effectuée de façon détaillée pendant cette séance. Sur cette base, le ministère public a décidé de demander au tribunal des mesures de contrainte et la mise en détention provisoire du gérant », a annoncé le ministère public du canton du Valais dans un communiqué.
Un risque de fuite « concret » selon le ministère public
« Compte tenu de ses déclarations, de son parcours de vie et de sa situation en Suisse et à l’étranger, le ministère public a estimé que le risque de fuite était concret », a-t-il ajouté au sujet de Jacques Moretti, propriétaire d’au moins trois établissements dans la région, connu de la justice française et condamné pour une affaire de proxénétisme en 2008.
Cette privation de liberté était réclamée depuis une semaine par les avocats des familles des victimes, très critiques sur la façon dont la procédure est menée par les autorités cantonales jusqu’à présent, notamment au regard de la liberté concédée au couple de propriétaires.
« Mes pensées constantes vont vers les victimes »
Au sujet de Jessica Moretti, le ministère public a estimé que « vu son parcours et ses attaches personnelles (…) une demande de mesures de substitution permettait de pallier le risque de fuite ».
Ces mesures doivent être confirmées dans un délai de 48 heures par le tribunal des mesures de contrainte, a affirmé un des avocats du couple, Patrick Michod.
À la sortie de son audition, Jessica Moretti a déclaré, en pleurs : « Mes pensées constantes vont vers les victimes. C’est une tragédie inimaginable et jamais on aurait pu imaginer ça. Je tiens à m’excuser ».
Au terme de l’instruction ouverte contre les propriétaires, le ministère public du Valais décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation en vue d’un éventuel procès. En attendant, la présomption d’innocence prévaut.
D’après les premiers éléments de l’enquête, l’incendie aurait été provoqué par des bougies, entrées en contact avec le plafond du sous-sol de l’établissement.