Produit par la fermentation des bactéries présentes dans notre microbiote intestinal au niveau du côlon, le butyrate est essentiel au bon fonctionnement du métabolisme et est souvent retrouvé en quantité réduite dans de nombreuses maladies inflammatoires, métaboliques ou intestinales et même certains cancers. « C’est donc une molécule super intéressante et déjà reconnue pour renforcer la barrière intestinale, soutenir l’équilibre immunitaire, réduire l’inflammation, contribuer à réguler le taux de sucre dans le sang », font remarquer les chercheurs.
Découverte majeure et inattendue d’un nouvel allié dans la lutte contre le diabète de type 2Pourquoi cette étude est importante
Publiés dans la prestigieuse revue Gut, ces travaux démontrent pour la première fois qu’un microbe intestinal humain peut produire du butyrate à partir du myo-inositol, via une voie métabolique jusque-là inconnue. « Cette bactérie utilise un chemin métabolique unique pour produire une molécule bénéfique à partir d’un nutriment très courant dans notre alimentation », explique le Pr Patrice Cani, UCLouvain, auteur sénior de l’étude.
Pour cette étude, les scientifiques ont analysé plusieurs milliers d’échantillons de grandes cohortes humaines (asiatiques, américaines et européennes) et ils ont découvert que D. welbionis est très fréquente chez les individus en bonne santé mais moins abondante chez les personnes souffrant de maladie hépatique, comme le foie gras.
Si cette découverte est importante, c’est parce que « jusqu’à présent, le butyrate était considéré comme provenant presque exclusivement de la fermentation des fibres alimentaires par le microbiote intestinal. Or, de nombreuses personnes tolèrent mal les fibres fermentescibles, notamment certaines personnes atteintes de maladies inflammatoires de l’intestin, de troubles fonctionnels intestinaux, ou présentant des intolérances alimentaires. »
« Ces résultats nous permettent de mieux comprendre comment ce que nous mangeons influence les fonctions de notre microbiote et notre santé », complète Matthias Van Hul, de l’UCLouvain.
Les scientifiques craignent de voir remonter en Belgique la bactérie ayant tué des millions d’arbres dans le sud de l’EuropeVers de nouvelles pistes thérapeutiques
C’est donc un pas supplémentaire qui vient d’être franchi dans la compréhension du lien nutrition (microbiote – santé), dans la mesure où cette étude révèle un nouveau mécanisme par lequel notre alimentation interagit avec nos microbes et influence la santé métabolique. « Elle illustre l’importance de s’intéresser aux membres encore méconnus du microbiote, véritables usines biochimiques aux effets souvent insoupçonnés de notre alimentation ! », soulignent encore les chercheurs, estimant que « cette découverte ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques dans les domaines de la santé du foie et du diabète. »