« Le Mercosur, c’est la goutte d’eau ». Alors que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur a été voté ce vendredi 9 janvier 2026 à Bruxelles, les agriculteurs multiplient les actions de protestation. Après une opération de contrôle des camions à Caudan (56) et Dinan (22), jeudi 8 janvier, la Coordination Rurale d’Ille-et-Vilaine a investi le centre commercial Leclerc de Rennes-Cleunay, ce vendredi 9 janvier au matin.
« Difficile pour le consommateur de savoir s’il consomme français ou pas »
Sur les coups de 9 h 30, une douzaine d’agriculteurs du syndicat agricole ont arpenté les rayons de l’hypermarché. Objectif : vérifier la provenance des produits. « Ici, il est difficile pour le consommateur de savoir s’il consomme français ou pas, regrette Joseph Martin, président de la Coordination Rural d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne. La question est de savoir comment on veut produire et consommer. On ne vise pas Leclerc en particulier, mais c’est la tête d’affiche de la grande distribution, qui joue fortement sur le pouvoir d’achat des consommateurs. On parle aussi toujours de consommer français, alors on vient vérifier directement dans les rayons. »
Pendant une heure, les agriculteurs mécontents ont donc arpenté les rayons du magasin. Dans le rayon céréales, ils ont apposé de la rubalise sur laquelle ils ont tagué « Les ingrédients sont français ? » Un peu plus loin, au rayon produits laitiers, l’une des manifestantes collait au même moment une étiquette sur une plaquette de beurre où il était inscrit : « Consommez français ». « Si pour les briques de lait, on constate qu’il n’y a pas de problème, ce n’est pas le cas pour le beurre. Cette plaquette de beurre, le lait vient de l’Union européenne, il n’est pas français », déplore-t-elle.
« J’aimerais bien proposer du français, mais je n’en trouve pas »
L’opération se répète dans le rayon viandes, ou de l’agneau de Nouvelle-Zélande est notamment sorti des rayons, déposé dans un caddie. « J’aimerais bien en proposer du français, mais je n’en trouve pas », se défend un employé du rayon boucherie. « C’est comme ça qu’on détruit les filières », lui répond un manifestant.
L’opération d’étiquetage est aussi l’occasion pour les agriculteurs d’échanger avec les consommateurs. « Je les soutiens, explique Françoise, venue faire ses courses. Je n’ai jamais manifesté de ma vie, mais pour ça, je pourrais. Il y a une incohérence. Quand j’achète en supermarché, j’ai du mal à savoir d’où vient la viande, ce n’est pas normal et quand on veut bien vérifier la provenance, on met deux heures à faire nos courses ».