Le groupe suisse Nestlé a étendu en quelques jours un rappel volontaire de lots de laits pour bébé à plus d’une cinquantaine de pays, contre quelques marchés européens au départ. L’Allemagne, l’Italie et la Suède ont été les premiers concernés, avant que la liste ne s’allonge jusqu’à inclure la Chine et le Brésil, deux zones clés pour le groupe. Cette extension progressive résulte, selon Nestlé, de discussions avec les autorités locales afin de respecter les procédures nationales de rappel.
A l’origine de la mesure, la détection potentielle de céréulide, une substance d’origine bactérienne produite par Bacillus cereus, identifiée chez un fournisseur. Le groupe assure que la substance n’a été détectée qu’en quantité « infime » et insiste sur une démarche purement préventive. « Aucun cas de maladie en lien avec les produits concernés n’a été confirmé jusqu’à présent », indique Nestlé de manière répétée, tout en rappelant que les risques évoqués concernent des troubles digestifs comme des diarrhées ou des vomissements.
Critique de l’ONG Foodwatch
Cette gestion au fil de l’eau suscite toutefois des critiques. L’ONG Foodwatch dénonce une communication « au compte-goutte », d’autant plus sensible que Nestlé avait déjà procédé à un rappel, notamment en France, en décembre. Sur les marchés, l’épisode pèse sur le titre : l’action Nestlé a reculé de 3,59 % en cinq jours, à 75,41 francs suisses, alors que l’indice SMI progressait de 1,73 %.
Pour Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, l’enjeu principal reste « le risque de réputation », l’impact financier direct étant jugé « limité », les volumes concernés représentant environ « 0,5 % » du chiffre d’affaires. Il souligne toutefois que les laits infantiles constituent une catégorie particulièrement sensible et que le groupe devra « fournir une mise à jour claire et globale » pour restaurer la confiance. Nestlé affirme de son côté avoir « déjà commencé à s’approvisionner auprès d’autres fournisseurs » et déployé des outils permettant aux consommateurs de vérifier les numéros de lots concernés.