Védasien depuis près de quinze ans, marié et père de trois enfants, Patrick Hivin, 48 ans, conduit la liste apolitique « En avant Saint-Jean ». Docteur en microbiologie, dirigeant d’une entreprise de biotechnologie avant de rejoindre le conseil départemental de l’Hérault fin 2023 comme ingénieur de la fonction publique, l’ex-élu de la majorité détaille ses priorités et son ambition pour « une ville apaisée, dynamique et solidaire ».
Quels arguments motivent votre candidature ?
Mon ambition est de contribuer au bien vivre ensemble sur un territoire qui le mérite. Saint-Jean-de-Védas doit rester une ville apaisée, dynamique et solidaire. Je veux qu’on y retrouve une cohérence entre développement urbain, qualité de vie et respect de l’environnement. Nous devons aussi renforcer les liens entre habitants et institutions, dans un contexte métropolitain de plus en plus complexe.
Quelle est la couleur politique de votre liste ?
Notre liste « En avant Saint-Jean » est sans étiquette. J’ai voulu rassembler des profils variés : des élus, comme Ludovic Trépeau, Géraldine de Robert de Lafregeyre ou Camille Rolland, mais aussi des habitants issus de la société civile, novices en politique. Des personnes de tous âges, de tous quartiers, de toutes compétences.
Une liste complète ?
Nous comptons actuellement 31 membres et nous serons au complet à 35 au moment du dépôt en préfecture. C’est une liste coconstruite : chacun a participé à sa formation. Nous laissons encore la porte ouverte à des habitants souhaitant s’engager.
Quel regard portez-vous sur l’élection de Mireille Passerat de la Chapelle comme maire de Saint-Jean, lundi dernier, après le décès brutal de François Rio le 20 décembre ?
Le conseil municipal a été riche en rebondissements… Mon équipe a voté pour la continuité, en soutenant le premier adjoint. Mais le conseil en a décidé autrement. Nous respectons ce choix démocratique, même si nous craignons deux mois d’instabilité pour les agents municipaux.
Vous faisiez partie de la majorité de François Rio : pourquoi avoir pris vos distances ?
L’équipe s’est divisée environ deux ans après le début du mandat. Les tensions internes rendaient le travail difficile. Avec certains colistiers, nous avons choisi de poursuivre notre mission dans une opposition constructive, sans bloquer les projets municipaux.
« Une équipe soudée et compétente »
Avez-vous cherché des alliances pour l’élection de mars prochain ?
Non. Nous avons préféré construire une équipe soudée et compétente. Nous n’avons pas discuté d’alliances pour le second tour. Nous croyons en notre projet et en notre capacité à convaincre dès le premier tour.
Quels sont les grands axes de votre programme ?
Nos priorités sont claires : la jeunesse, les familles et les aînés, la santé. Nous voulons soutenir la création d’une maison de santé pluridisciplinaire, portée par une association locale et validée par l’ARS. Elle serait installée près de la clinique Saint-Jean. Nous serons des facilitateurs pour que ce projet aboutisse rapidement.
Et pour la jeunesse ?
Nous soutiendrons le Pôle enfance et jeunesse, qui regroupera le centre de jeunesse, le relais petite enfance et d’autres structures. Ce pôle favorisera les échanges et la coordination entre acteurs éducatifs.
Et du côté de la sécurité ou de l’urbanisme ?
Saint-Jean-de-Védas a connu une forte croissance démographique. Nous devons adapter nos infrastructures : un nouveau gymnase à Roque-Fraïsse, des aménagements pour les mobilités douces, une meilleure gestion du stationnement. Côté sécurité, nous voulons déplacer le poste de police municipale dans l’ancien centre de jeunesse, le rénover et y installer un centre de supervision urbaine (CSU) pour la vidéoprotection. Nous renforcerons la présence policière et la prévention, notamment auprès des jeunes.
Un CSU relié à celui de la Métropole ?
Nous étudierons une mutualisation avec le CSU métropolitain pour des raisons d’efficacité et de coûts. Nous n’excluons pas non plus une coopération avec Fabrègues ou Lavérune.
« Gestion rigoureuse de l’argent public »
Quelle est votre position concernant le projet du Contournement Ouest, le Com ?
C’est un projet d’État, exécuté par Vinci. Il est inutile de promettre son annulation. J’ai rencontré les représentants de Vinci pour obtenir des précisions. Par exemple, l’arrêt de la ligne 2 du tram ne durera qu’un an, et non deux comme certains l’affirment. J’étais initialement favorable à un boulevard urbain à deux fois deux voies, mais le projet a été dimensionné autrement pour des raisons économiques. Nous devons désormais négocier avec l’État et Vinci pour améliorer les aspects environnementaux, comme la végétalisation ou la préservation de corridors écologiques, notamment près du parc du Terral.
Pensez-vous que le projet puisse encore être modifié ?
Honnêtement, peu. L’enquête environnementale a été validée, et les recours en cours n’empêcheront probablement pas sa réalisation. Mais nous devons rester vigilants et chercher à limiter les impacts sur la commune.
Quel regard portez-vous sur la multiplication des listes (1) à Saint-Jean-de-Védas ?
C’est une belle expression démocratique, mais cela risque de disperser les voix. Nous, nous misons sur la solidité de notre projet et sa faisabilité technique et budgétaire. Nous voulons une gestion rigoureuse de l’argent public.

« Notre déclaration de candidature est distribuée ce week-end et Le programme complet, qui détaille l’ensemble de notre projet, est à l’impression. »
Midi Libre – SYLVIE CAMBON
Quel est votre calendrier de campagne ?
Notre déclaration de candidature est distribuée ce week-end. Nous avons demandé des salles pour organiser des réunions publiques. Les dates seront communiquées via les réseaux sociaux et les tracts. Le programme complet, qui détaille l’ensemble de notre projet, est à l’impression. Nous irons aussi à la rencontre des habitants sur les marchés, dans les écoles ou aux Halles védasiennes, qui sont aussi un bon lieu d’échanges !
« Coconstruire les projets avec la Métropole sans renier notre identité »
Justement, quel est votre regard sur ces halles qui font l’objet de critiques ?
Ce projet, lancé quand j’étais encore dans la majorité de François Rio, devait regrouper à la fois des halles gourmandes et marchandes. Finalement, il s’agit surtout de restauration et de convivialité. Certains regrettent l’absence de marché mais ces Halles sont une chance. Elles deviendront un lieu de rencontre central, à relier au cœur historique par des aménagements urbains.
Vous insistez aussi sur la vie associative : quelle place lui accordez-vous ?
Une place essentielle. Je suis très impliqué dans le tissu associatif local. Je veux renforcer les liens entre associations, jeunesse et sport, et augmenter les moyens du CCAS pour mieux accompagner les seniors et les familles fragiles.
Quant à vos relations avec la Métropole ?
Je souhaite un dialogue constructif. Saint-Jean-de-Védas est une commune importante de la première couronne. Nous devons coconstruire les projets avec la Métropole, sans renier notre identité. Si nous ne sommes pas entendus, c’est à nous de mieux faire entendre notre voix.
Vos valeurs ?
Je crois fermement en l’importance du travail d’équipe et de l’écoute citoyenne pour notre commune. Nous avons une équipe compétente, un projet réaliste et un budget maîtrisé. Nous voulons redonner confiance aux habitants et bâtir ensemble une ville qui rassemble et qui avance.
(1) Les autres têtes de liste : Florian Depret, Emmanuelle Mysona, Philippe Hippert, Richard Plautin et Michel Masson.