Le ministère de l’Environnement a rejeté le plan correcteur proposé par le riche homme d’affaires Glenn Chamandy pour la remise à l’état naturel de son terrain aux abords du lac Memphrémagog, à Austin.

Les images de son parcours de golf aménagé grâce à la destruction d’une tourbière et d’un milieu humide ont fait le tour du Québec cet été.


Image fournie par le Memphrémagog Conservation inc. (MCI)

Rappelons que le Ministère allègue qu’une tourbière de 2,5 hectares ainsi qu’un milieu humide ont été détruits dans le cadre de l’aménagement de ce parcours de golf. Québec avait demandé un plan correcteur à M. Chamandy et à sa conjointe, plan qui a été préparé par une firme et déposé en octobre dernier. Il ne satisfait toutefois pas le Ministère.

«Il ne répond pas aux attentes du Ministère puisqu’il ne permet pas la remise en état complète du milieu humide ou dans un état s’y rapprochant, ni le rétablissement de ses fonctions écologiques», écrit une porte-parole dans un échange de courriels.

Présidente de Memphrémagog Conservation, organisme ayant tiré sur la sonnette d’alarme cet été sur cet enjeu, Johanne Lavoie considère que cette nouveauté dans le dossier est positive.

«Ça me dit que le Ministère prend le cas au sérieux et que la situation est regardée de près. En même temps, le défi est énorme. Ce qui a été détruit, c’est irremplaçable. On parle des poumons, des reins du lac Memphrémagog.» – Johanne Lavoie, présidente de Memphrémagog Conservation

Le Ministère n’a pas précisé si un autre plan correcteur est attendu de la part de M. Chamandy. La suite du dossier demeure donc nébuleuse.


Photo Marco Bergeron – Le Reflet du Lac – Magog

«Plusieurs outils d’intervention sont disponibles selon la gravité des manquements. Parmi ceux-ci, les sanctions administratives pécuniaires, les poursuites pénales ou tous les autres recours administratifs comme les avis d’exécution et les ordonnances», précise la porte-parole régionale au ministère de l’Environnement.

Appelé à se prononcer sur le dossier, le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, a préféré limiter ses commentaires quant à la suite du dossier.

«Ce qui s’est passé à Austin est grave: il faut que la situation soit corrigée et que les milieux naturels soient restaurés. Maintenant, une enquête du ministère est en cours. Il faut laisser les autorités faire leur travail et respecter le processus en cours. Le ministère continuera d’agir avec rigueur et détermination pour que la loi soit respectée et appliquée», a-t-il réagi.

Rappelons que la direction des enquêtes pénales du Ministère évalue toujours l’option d’intenter un recours pénal contre le propriétaire et sa conjointe. Le dossier n’a toutefois pas été déposé sur le bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales à ce stade-ci.

«Considérant que l’enquête pénale du Ministère n’est pas complétée, aucun constat d’infraction n’a été émis à ce jour. Le Ministère évalue présentement les recours à sa disposition pour assurer le retour à la conformité en parallèle de l’enquête pénale actuellement en cours», écrit-on.

Glenn Chamandy n’avait pas répondu à notre demande de commentaire au moment d’écrire ces lignes.