Dans une suite d’un palace parisien, un employé se retrouve face
à Robyn Rihanna Fenty, téléphone à la main. La star lui montre
l’écran, son assistante se tortille à côté, incapable de prononcer
clairement la demande. Pour Mathieu Cammas,
habitué aux lubies des clients ultra riches, cette scène est
presque banale. Sur le moment, il ne sait pas encore que ce coup de
fil va devenir l’une des anecdotes les plus racontées de sa
carrière.
Avant de se reconvertir dans une société d’outillage,
Mathieu Cammas a passé près de quinze ans à
sillonner les hôtels de luxe parisiens comme chasseur chargé de
satisfaire les moindres caprices. Dans son livre Palace,
il aligne des souvenirs drôles ou dangereux, de la gestion de stars
en pleine nuit aux livraisons impossibles. L’histoire de Robyn
Rihanna Fenty en dit long sur ce métier discret.
Rihanna et ce sextoy qui a marqué Mathieu Cammas
Ce jour-là, l’assistante de la chanteuse appelle la loge et
réclame en urgence le « chasseur » de l’hôtel. Employé d’un
palace parisien, Mathieu Cammas monte alors dans la suite,
sans vraiment savoir ce qui l’attend. Face à Guillaume Pley, il
raconte la situation avec humour : « Ce qui a été drôle, c’est une
fois, Rihanna qui m’a demandé de lui acheter un jouet intime. Un
jour comme ça, quelque chose de basique. Un petit vibroma*seur. Tu
as son assistante qui m’appelle, qui me dit voilà, il faut monter
dans la chambre, je monte dans la cambre, l’assistante essaie de
m’expliquer. Elle galère à m’expliquer. Elle me dit des trucs sans
me dire des trucs », a raconté Mathieu Cammas dans l’émission
« Legend » de Guillaume Pley.
Devant cette gêne, la chanteuse finit par intervenir en
personne, prenant littéralement le téléphone des mains de son
assistante pour montrer le modèle exact de sextoy qu’elle désirait.
Elle aurait, dans la même séance de shopping très privée, demandé
un purificateur d’air pour diffuser de l’huile de can*abis, ayant
décidé d’arrêter de fumer.
Dans les hôtels de luxe, un chasseur face aux demandes
folles
Le quotidien de Mathieu Cammas ne se limite pas
à ce type de courses discrètes. Comme chasseur, il doit acheter ce
que veulent les clients, réserver restaurants ou limousines et
coordonner le tout avec le concierge. Un homme d’affaires lui a un
jour réclamé un paon albinos, qu’il a réussi à dénicher grâce à son
réseau. Un autre voulait privatiser la Tour Eiffel ; il s’est
rabattu sur une péniche, avec « Veux-tu m’épouser ? » affiché sur
l’écran du monument.
Loin des seules fantaisies romantiques, certaines requêtes
flirtent avec le pénal. « On me demandait des choses illégales
quasiment tous les jours. » Mathieu Cammas parle
surtout de clients étrangers, en particulier américains, persuadés
qu’on peut tout se procurer :
- drogue ;
- prostituées ;
- armes à feu.
Il a aussi transporté, sur deux cents mètres entre l’horloger et
l’hôtel, une montre d’un milliardaire russe valant plus de 2
millions d’euros, au point qu’on lui a proposé un garde du corps
qu’il a finalement accepté.
Quand les stars se lâchent et que le
rêve s’effrite
Au fil des années, Mathieu Cammas s’est
retrouvé au coeur de scènes très intimes, comme cette dispute
violente d’Orlando Bloom avec sa femme, conclue par un conseil amer
: « Ne fais jamais d’enfants, et ne te marie jamais ! » Un autre
soir, Céline Dion l’a même invité à chanter avec elle le titre
Sous le vent dans sa suite.
Ces années ont aussi généré des tensions, comme avec Mariah
Carey, qui lui a fait acheter une boîte de maquillage à Londres
avant de la lui rendre intacte. Avec le recul, Mathieu
Cammas confie : « Aujourd’hui, ça ne me fait plus du tout
rêver. J’ai vu l’envers du décor, et j’ai vu très peu de personnes
heureuses au final. »