Jouer le Munster, ce n’est jamais anodin. Avant de s’affronter dimanche après-midi à Mayol, Toulon et la Red Army se sont défiés cinq fois dans leur histoire. Et le bilan n’est pas favorable aux Varois. Battus trois fois par les Irlandais, dont la dernière fois il y a deux ans à Mayol, ils ne sont parvenus à les vaincre que deux fois (en 2011 et 2014). Retour sur ces cinq chocs qui ont tous eu une saveur particulière.
Le tout premier en Irlande
Le tirage faisait saliver ! Défier un double champion d’Europe sur ses terres quand on découvre une nouvelle compétition, ça a de la gueule. Malgré un essai du talonneur Jean-Philippe Genevois dès la première minute et un autre de son taulier Joe van Niekerk (75e), Toulon subissait, ce 16 octobre 2010, les foudres du Munster à Thomond Park. Une lourde défaite 45-18, mais une sacrée expérience pour les protégés de Mourad Boudjellal qui se vengeront quelques mois plus tard à Mayol.
Le plus symbolique
« Historique », avions-nous titré à la Une au lendemain de cette incroyable victoire toulonnaise face à l’ogre irlandais. Tous les supporters présents à Mayol ce 16 janvier 2011 s’en souviennent encore. Ce moment où, en croquant le Munster 32 à 16, le RCT s’offrait une place parmi les huit meilleures équipes du continent. Et avouez, qu’au fond, vous n’avez rien oublié de l’essai de Paul Sackey, en bout de ligne, décrochant déjà quasi définitivement les joueurs de Limerick au score juste avant la pause (26-9). Un succès de prestige pour un Toulon qui découvrait l’Europe. Le tout dans un Mayol d’époque, en feu… Que de souvenirs !
Épique demie… cruelle désillusion en quart
Auréolé de son premier titre de champion d’Europe la saison précédente, Toulon a changé de dimension lorsqu’il reçoit le Munster ce 27 avril 2014, en demi-finale au Vélodrome. En patron (et sans le moindre essai), la bande à Laporte bat les Irlandais, 24-16. Les sept pétards de Jonny Wilkinson (dont un drop) et le coup de fusil de 55 mètres de Delon Armitage suffisent à faire exploser le stade, rouge de plaisir !
Tout l’inverse du quart de 2018. Deuxième de sa poule derrière les Scarlets (oui, oui), Toulon doit se farcir un déplacement à Thomond Park. Devant au score jusqu’à cinq minutes du terme, les coéquipiers de Mathieu Bastareaud sont finalement crucifiés par un essai de l’ailier Andrew Conway (75e) sur une percée de 50 mètres et la transformation, en suivant, de l’ouvreur Ian Keatley. Un coup dur pour le RCT de Fabien Galthié, battu 20-19 et éliminé de la compétition.
Le douloureux dernier
Il y a presque deux ans jour pour jour, le 13 janvier 2024, Toulon plongeait indéniablement dans la crise. Vainqueurs de la Challenge Cup la saison précédente, les hommes de Pierre Mignoni cédaient (déjà) pour la deuxième fois à domicile en Champions Cup. Après Exeter, c’était au tour du Munster de venir s’imposer facilement à Mayol, 29-18. Pourtant devant au score grâce à une pénalité de Melvyn Jaminet (16e) et un essai de Jiuta Wainiqolo (23e, 10-0), Toulon s’était ensuite effondré. « Pas au niveau », dixit l’entraîneur toulonnais. Surclassé sur le terrain, Toulon avait aussi ce samedi-là, perdu la bataille des tribunes. Noyés par les « Munster, Munster » descendant des gradins de Mayol, tout comme par la reprise de Zombie des 3 500 Irlandais, les supporters avaient vécu un après-midi cauchemardesque. Dans tous les sens du terme.
Deux ans plus tard, il est temps de prouver que cette équipe a grandi… et que ce stade a retrouvé son cœur.
Les compositions de l’acte VI
Toulon : Domon ; Dréan, Brex, Sinzelle, Ferté ; (o) Albornoz, (m) White ; Abadie, Mercer, Ludlam ; Ribbans, Ollivon (cap.) ; Sinckler, Baubigny, Gros. Remplaçants : Toevalu, Ametlla, Priso Mouangué, Alainu’uese, Mézou, Coulon, Garbisi, Tuicuvu.
Munster : Daly ; Nash, Farrell, Nankivell, O’Connor ; (o) Crowley, (m) Casey ; O’Donoghue, Coombes, Beirne (cap.) ; Wycherley, Edogbo ; Ala’alatoa, Barron, Loughman. Remplaçants : Scannell, Milne, Ryan, Ahern, Gleeson, Patterson, Hanrahan, Kelly.
