Par
Thomas Martin
Publié le
10 janv. 2026 à 8h28
La silhouette sombre de la tour Montparnasse s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de son histoire. Le 31 mars 2026, l’accès au public sera fermé, avant un vaste chantier de rénovation dont le lancement est prévu cette année. Une décision actée fin décembre par les copropriétaires de l’édifice, à une très large majorité. « Les copropriétaires ont voté à 99,5 % une décision autonome de fermer la tour au public au 31 mars », a expliqué mercredi Frédéric Lemos, représentant de l’un d’eux, lors d’une réunion organisée à l’Hôtel de Ville de Paris.
Xavier Niel parmi les propriétaires
Contrairement à ce que son statut de monument emblématique pourrait laisser croire, la tour Montparnasse n’appartient ni à la Ville de Paris ni à l’État. Elle est détenue par un peu moins de trente investisseurs privés, réunis en copropriété.
Le principal propriétaire est LFPI (La Financière Patrimoniale d’Investissement). Figurent également parmi les copropriétaires Séché Environnement, l’assureur Axa, la mutuelle MGEN, ainsi que l’homme d’affaires Xavier Niel, via sa société NRS, représentée par Frédéric Lemos.
Ce sont donc ces investisseurs qui décident de l’avenir du bâtiment, de son exploitation comme de sa transformation.
Si la décision de fermer émane des copropriétaires, elle fait suite à des recommandations de l’État. Dans un courrier daté du 14 novembre, les préfectures de Paris et d’Île-de-France avaient demandé « la fermeture rapide du bâtiment au public », en raison notamment de la présence d’amiante, et ce « au plus tard au début de l’année 2026 ».
Dans ce contexte, les propriétaires ont choisi d’anticiper le calendrier.
Un chantier à plus de 600 millions d’euros
Les travaux, dont le démarrage est attendu « probablement après l’été », devraient s’étaler sur quatre ans. Le projet, estimé à plus de 600 millions d’euros, prévoit une transformation radicale de la tour de 210 mètres de haut.
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L’immeuble de bureaux doit devenir une tour vitrée, accueillant un hôtel, des commerces, des services, et être surmonté d’une serre agricole. Le projet architectural est porté par Renzo Piano, qui défend une approche de « sobriété », conservant la structure existante tout en ouvrant davantage le bâtiment sur la ville, notamment au niveau du rez-de-chaussée.
Un ensemble immobilier à propriétaires multiples
Autour de la tour, la situation est plus morcelée. Le centre commercial Maine Montparnasse et la dalle sont détenus par une trentaine de copropriétaires, tandis que l’immeuble de bureaux CIT, situé à proximité, appartenait à plus de 150 copropriétaires en 2015, un nombre qui a depuis été réduit.
Le centre commercial et la dalle feront l’objet d’une déconstruction partielle, à hauteur de 18 %, afin de créer un espace « ouvert, traversant, vivant et végétalisé », selon la mairie de Paris. De nouveaux immeubles, aux « dimensions haussmanniennes », doivent également voir le jour.
La mairie partenaire, mais non propriétaire
Si la Ville de Paris accompagne le projet, notamment via un protocole signé avec les copropriétaires, elle n’est pas propriétaire de la tour. La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est néanmoins réjouie de l’avancée du dossier, estimant que le déclin du centre commercial n’était « plus acceptable ».
Symbole controversé de la capitale depuis son inauguration, la tour Montparnasse reste avant tout un immeuble privé, dont l’avenir est désormais entre les mains de ses investisseurs.
Avec AFP
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