Par

Glenn Gillet

Publié le

10 janv. 2026 à 10h05

Un double couac pour lancer une campagne où elle est loin de partir favorite. Le site internet lancé pour appuyer la candidature de Sarah Knafo pour les élections municipales à Paris a fait l’objet d’intenses polémiques depuis sa mise en ligne jeudi 8 janvier 2026, jour de l’officialisation de l’entrée dans la course de la candidate du parti d’extrême droite Reconquête !, par ailleurs compagne d’Éric Zemmour.

Les « négroïdes » qui « pullulent », « éradiquer les OQTF »

Le site « Sarah Knafo pour Paris – Une ville heureuse » dispose en effet au départ d’un espace participatif sur lequel tout un chacun pouvait déposer des messages sous les labels « constat » ou « idée ». Problème : de nombreux messages de haine ont rapidement inondé le site. On pouvait retrouver une dénonciation des « négroïdes » qui « pullulent comme des cafards dans toutes les rues » du 19e arrondissement, une proposition soutenue par 636 personnes. Une autre appelle à « éradiquer les OQTF » toujours dans le même arrondissement.

Une autre personne dénonce le fait qu’une femme qui viendrait dans les 18e, 19e ou 20e arrondissements prendrait un grand risque de se faire « violer » ou encore « séquestrer », et demande si on est « à Paris ou à Kaboul ». Les SDF sont aussi désignés sous le terme « clochards ».

« L’ultra gauche, fidèle à sa détestation de la démocratie, a inondé le site de messages haineux que nous avons supprimés ! », a d’abord dénoncé Sarah Knafo. Finalement, face à l’afflux des messages de haine que l’équipe de campagne de la candidate attribue à un « piratage » mené là aussi par « l’ultra gauche », l’accès aux 811 contributions déposées à ce stade a été suspendu vendredi dans l’après-midi.

Quelques heures auparavant, le sénateur de Paris Ian Brossat (PCF) avait annoncé avoir réalisé un signalement auprès de la procureure de Paris pour « diffusion publique de messages racistes et discriminatoires » sur le site de la candidate, dénonçant un manque de modération sur la plateforme.

« Énorme faille de sécurité » du côté de la protection des données personnelles

En parallèle, comme l’a relevé Libération, SaxX, un de ces hackeurs éthiques qui cherchent à alerter sur les failles qui mettent en danger les internautes, a montré que le site était mal sécurisé et laissait apparaître les données personnelles des personnes qui se sont enregistrées pour déposer leur contribution dans cet espace participatif. « Une énorme faille de sécurité », selon le spécialiste.

Deux jours après avoir officialisé son entrée en campagne, Sarah Knafo est donc sous le feu des critiques. Une posture habituelle pour les représentants de l’extrême droite, qui parviennent souvent à tirer parti de ces « bad buzz » qui leur garantissent une large couverture médiatique.

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Selon le dernier sondage, Sarah Knafo est créditée de 7 % des intentions de vote au premier tour des élections municipales des 15 et 22 mars à Paris, autant que le candidat du RN Thierry Mariani, derrière l’insoumise Sophia Chikirou estimée à 13 %, le candidat Horizons-Renaissance Pierre-Yves Bournazel (14 %), Rachida Dati soutenue par LR, le Modem et l’UDI (27 %) et Emmanuel Grégoire, candidat d’une union de la gauche rassemblant le PS, les Écologistes et le PCF (32 %).

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