Par Isabelle Boudet

Le 10 janvier 2026 à 10h15

Bob Zaguri et Brigitte Bardot sur la plage de Buzios, dans l’État de Rio de Janeiro, en mars 1964.
Bettmann / Bettmann Archive

En 1964, la star française fuit la frénésie médiatique au Brésil, et découvre la bourgade isolée de Buzios, grâce à son compagnon de l’époque. Ce refuge de pêcheurs deviendra, dans le sillage du sex-symbol, un «petit Saint‑Tropez brésilien» chic et glamour.

Si son nom est éternellement associé à Saint-Tropez, Brigitte Bardot a aussi contribué à mettre en lumière une autre «bourgade» balnéaire de l’autre côté de l’océan : le petit port de Buzios, au Brésil. Nous sommes en janvier 1964, la star a achevé le tournage du Mépris, de Jean-Luc Godard, qui sort en salles le 27 décembre 1963. Elle souffre déjà de sa surexposition médiatique et s’envole pour Rio de Janeiro avec son petit ami de l’époque, Bob Zagury, pour y trouver le répit loin de Paris. Las, sur place, la B.B. mania bat son plein et l’actrice ne peut quitter l’appartement de Copacabana où le couple a trouvé refuge. Les fans bloquent l’avenida Atlântica pour entonner la célèbre samba composée en son honneur «Brigitte Bardot, Bardot, Brigitte beijou, beijou. Lá dentro do cinema, Todo mundo se afobou !» («Brigitte a embrassé, embrassé. À l’intérieur du cinéma, Tout le monde s’est précipité»).

Búzios, le paradis sauvage de Brigitte Bardot au Brésil

Impossible donc de profiter de la Cité merveilleuse. Mais c’est sans compter sur l’entregent de Bob Zagury, joueur de basket maroco-brésilien, qui fait alors jouer ses contacts sur place et entraîne «la Bardô» dans une escapade sur la Costa verde, puis à Buzios. Difficile d’accès à l’époque, ce petit village de pêcheurs, situé à 180 km de Rio, sera le lieu parfait pour une parenthèse enchantée. «C’est dans ce village perdu et inconnu que j’ai été le plus heureuse. Il n’y avait rien, même pas l’électricité, mais un paysage sublime et sauvage, et des plages désertes, des plages de rêve !», écrira-t-elle en 2014, dans une lettre envoyée au festival de cinéma qui y naîtra plus tard. Elle y souligne aussi que la ville est devenue depuis «très people».

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Jours heureux

Jusqu’au mois d’avril 1964, elle y coule des jours heureux auprès de Bob et de nouveaux amis, qui accueille le couple dans leur maison. Elle se réveille à midi, prend des bains de soleil nue dans le jardin, fait de longues promenades sur les plages de sable fin qui lui rappellent sa chère Madrague et la baie des Canoubiers. Brigitte Bardot retournera à Buzios en décembre 1964, pour un réveillon à la brésilienne, tout de blanc vêtue, sur la plage, pour accueillir la nouvelle année les pieds dans l’eau.

Si l’actrice ne retourne pas à Buzios, le destin du village bascule dans son sillage. Sortie de l’anonymat, la bourgade devient en quelques années la destination préférée de la jeunesse dorée carioca. Et gagne le surnom de «petit Saint‑Tropez brésilien». Aves ses ruelles pavées, ses jolies maisons aux murs blancs et boiseries colorées, elle s’impose comme un spot touristique chic et glamour. La station balnéaire bercée par les vents s’est aussi imposée comme un lieu idéal de planche à voile et kite surf. L’aura de Brigitte Bardot nimbe toujours la ville, qui a nommé une baie en son honneur. Une statue plus ou moins réussie à son effigie y mire aussi l’horizon à jamais.