Le collectif #NousToutes Rhône organise un die-in devant le Palais de Justice des 24 colonnes, dans le 5ᵉ arrondissement, afin de dénoncer les défaillances de l’État et du système judiciaire face aux violences sexistes et sexuelles, et de rendre hommage aux victimes de féminicides.
À partir de 18 heures, plus d’une centaine de militantes s’allongeront au sol « à l’appel des prénoms des femmes qu’elles représentent », pour rendre « femmage » aux victimes. En 2025, 164 femmes ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes, rappelle le collectif. Depuis 2017, ce sont 1222 femmes qui ont été assassinées en France pour cette raison. « En 2026, une femme a déjà été tuée en raison de son genre », souligne le collectif.
Le collectif pointe une situation jugée alarmante : les violences conjugales recensées par le ministère de l’Intérieur ont doublé entre 2016 et 2024, atteignant 272 400 faits par an. Les violences envers les personnes transgenres sont également dénoncées comme étant en augmentation. Autre chiffre mis en avant : un viol ou une tentative de viol toutes les 2 minutes 30 en France, selon une estimation citée par le mouvement.
Pour #NousToutes Rhône, nombre de ces drames auraient pu être évités. Le collectif affirme qu’en 2019, 65% des femmes assassinées avaient déjà pris contact avec la justice, sans que leur situation ne soit prise en charge de manière effective.
Dans ce contexte, les organisatrices formulent plusieurs revendications comme le déblocage d’un milliard d’euros pour financer des politiques publiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le renforcement des dispositifs de protection des femmes et des enfants victimes (hébergement, mise en sécurité, téléphone grave danger), une augmentation des subventions aux associations et une meilleure formation des professionnels ou la mise en œuvre effective de politiques de prévention, notamment les séances obligatoires d’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école.
Le collectif affirme vouloir rappeler que « les violences sexistes et sexuelles sont massives et systémiques » et qu’elles « ne sont pas une fatalité ». Le choix du Palais de Justice comme lieu de rassemblement se veut, selon les militantes, un symbole fort pour interpeller les institutions.