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Une clause protectrice concernant l’instauration de l’accord sur le Mercosur, datée du 2 décembre, a été retirée, jeudi 8 janvier, sous la pression de Berlin. L’Allemagne va donc pouvoir appliquer l’accord dès la fin du mois de mars avant le vote des députés européens.
Publié le 10 janvier 2026 à 10h35

L’Allemagne a poussé pour faire démarrer l’accord sur le Mercosur en mars avant le vote final du Parlement européen. PHOTO © Ansgar Haase/DPA/SIPA
L’Allemagne n’a pas souhaité attendre la décision des députés européens. D’après une information du Point, Berlin aurait fait disparaître, avec l’aide de la présidence chypriote, un document indiquant que l’accord sur le Mercosur entrerait en vigueur seulement après le vote du Parlement européen.
En effet, soucieuse de faire appliquer cet accord commercial au plus vite avec les pays d’Amérique du Sud, l’Allemagne a souhaité accélérer les choses et ne pas attendre le feu vert des députés européens. Résultat : l’accord pourra être appliqué dès la fin de mars sans attendre le consentement du Parlement européen.
Forte d’une majorité de pays en faveur de l’accord commercial du Mercosur, la présidence chypriote a donc jugé acceptable cette absence de mention du vote du Parlement. Si bien que la suspension de l’accord avant ratification par le Parlement européen n’a plus été jugée utile.
« Un déni de démocratie »A LIRE Céline Imart : Bruxelles contre les nations et la raison
Face à cette décision, la députée européenne française Céline Imart (LR-PPE) est montée au créneau. Elle s’est dite « écœurée » et a dénoncé « un déni de démocratie pur et simple et une faute lourde de la présidence chypriote qui ne devrait pas céder aux pressions ».
Même son de cloche pour les députés français du groupe Renew qui ont dénoncé « une trahison pour les agriculteurs européens », dans un communiqué. « Si cette tentative indigne de passage en force est confirmée, une chose reste claire : le Parlement européen aura le dernier mot quoi qu’il arrive. »
En effet, le Parlement européen reste la dernière chance pour les pays contre l’accord comme la France, la Pologne, l’Irlande, la Hongrie ou encore l’Autriche de faire pencher la balance, même si l’opération semble bien mal embarquée.