Quand il était petit, Philippe Auliac voulait être conducteur de trains et photographe de rock stars. Quelques décennies plus tard, le photographe, dont une partie de la famille est originaire du Chinonais, a réalisé ses deux rêves.

Il peut en effet conduire des trains. Il est aussi devenu photographe professionnel. Connu et reconnu pour être l’un des photographes de David Bowie. Philippe Auliac a, en effet, suivi et photographié la rock star de 1976 à 2004. De cette relation privilégiée, Philippe Auliac a évidemment tiré des milliers de clichés. Certains sont exposés pendant tout le mois de janvier 2026 à la bibliothèque municipale de Saint-Pierre-des-Corps dans le cadre de l’exposition Destination Bowie.

Samedi 10 janvier, le photographe sera toute la journée présent dans l’exposition avec des photos inédites, des reproductions rares des carnets de l’artiste anglais, des objets, des appareils photos… « Ces raretés ne seront là que samedi car je dois être présent pour expliquer, raconter. » Et écouter Philippe Auliac parler de sa passion, sa vie aux côtés de Bowie, c’est déjà incroyable.

Les éditions HarperCollins ont sorti en octobre 2025 le livre de Philippe Auliac « Bowie Hors cadre ».

Les éditions HarperCollins ont sorti en octobre 2025 le livre de Philippe Auliac « Bowie Hors cadre ».
© (Photo HarperCollins)

Fin avril 1976, il complète sa formation de conducteur de trains. Au même moment, sa vie bascule et prend une tout autre direction. Le jeune homme de 18 ans de l’époque s’apprête à commencer une relation professionnelle de trente ans avec l’une des plus grandes rock stars, David Bowie.

« Je ne veux pas être un simple fan, je veux être son photographe »

Depuis 1972, année où il a découvert l’existence et la musique de Bowie dans l’émission de José Arthur, Le Pop Club, sur France Inter, Philippe Auliac est obnubilé par le chanteur. « La France des années 70 vivait encore en noir et blanc, explique dans sa maison du Chinonais, le photographe. J’ai commencé à m’intéresser à Bowie, à décortiquer les magazines de l’époque. Un jour, je suis tombé sur une photo où l’on ne voyait que ses yeux. Je me suis dit : “ Si le photographe a réussi à approcher de si près David Bowie pour faire sa photo, alors je ne veux pas être un simple fan, je veux être photographe. ” »

Des photos de Mick Jagger, Yoko Ono, George Harrison…

Pour apprendre et comprendre l’art d’une belle photo de concert, l’apprenti photographe frappe à la porte des maisons de disques parisiennes. Chez RCA, la maison de disques de Bowie et des Beatles, il trouve une écoute bienveillante. « C’était une autre époque, sourit aujourd’hui Philippe Auliac au milieu de ses tirages de Bowie, bien sûr, mais aussi de Mick Jagger, Yoko Ono, Paul McCartney et tant d’autres. Le 27 avril 1976, une des responsables de chez RCA m’appelle et me demande si je suis libre pour passer une semaine à Londres et photographier un artiste. Je ne savais pas de qui il s’agissait. Je venais juste de passer mon certif pour être conducteur de trains. J’ai accepté. »

Le 1er mai 1976, sur le quai de la gare du Nord, le photographe autodidacte voit apparaître « deux petits bonshommes colorés : c’était David Bowie et Iggy Pop ». Voilà, début de l’aventure d’une vie. « Incroyable, je rencontrais mon idole dans une gare, je monte dans le train avec lui et ma toute première photo de lui a été faite à l’arrivée à la gare de Victoria à Londres. »

Autant dire qu’exposer Bowie dans la ville ferroviaire qu’est Saint-Pierre-des-Corps est encore un beau symbole pour Philippe Auliac qui s’y connaît très bien en train mais qui est incollable sur la musique de Bowie.

Samedi 10 janvier 2026, présence de Philippe Auliac, toute la journée à partir de 10 h à la bibliothèque de Saint-Pierre-des-Corps pour son exposition « Destination Bowie ». Exposition visible jusqu’au 31 janvier, les mardi, mercredi, vendredi et samedi. Entrée libre et gratuite. www.saintpierredescorps.fr