Au Prolé, le photographe Philippe Ibars expose des clichés de ses déambulations urbaines à travers Nîmes.
En 1969, Philippe Ibars travaillait à Banyuls. Il avait sympathisé avec un hippie. Non loin, à Cerbère, Jean-Pierre Mocky tournait L’Étalon avec Bourvil et Francis Blanche. Quand ces derniers ont pris le hippie en stop à bord d’une Cadillac, il a oublié son appareil photo. Philippe Ibars l’a récupéré et c’est ainsi qu’il est devenu photographe.
« J’adore les déambulations »
Au Prolé, il présente « Ma part de Nîmes », une virée à travers sa ville, fidèle à une démarche qui prend son temps. « J’adore les déambulations dans les villes, j’aime me promener à pied », explique le photographe, attentif au banal, au quotidien, à l’architecture, à l’urbain, aux reflets. Philippe Ibars a l’habitude de se promener aux jardins de la Fontaine, sujet inépuisable d’inspiration, mais ses pas le mènent aussi vers des lieux moins patrimoniaux, route de Montpellier, à Pissevin ou au Mas de Mingue.
Dans des cadrages toujours très précis, il attend une présence, toujours discrète mais déterminante, une apparition qui donne son sens à l’image. « Je me raconte une histoire et chacun peut se raconter la sienne », explique l’artiste. Un enfant, un visage, un geste… Ici, les motifs d’un manteau dialogue avec une façade, là, le blouson d’une joggeuse dialogue avec forme d’un escalier… Dans des lumières ensoleillées, avec des couleurs vives mais jamais saturées, Philippe Ibars s’émerveille du réel, tout en dialoguant avec de grandes figures de la photo.
Jusqu’au 24 janvier. Le Prolé, 20 rue Jean-Reboul, Nîmes. Entrée libre. 04 66 21 67 23.