Vinaigrettes industrielles : pourquoi 60 Millions de
consommateurs appelle à la prudence

Une salade légère, quelques crudités, un filet de sauce : le
geste paraît anodin. Pourtant, l’enquête de 60 Millions de
consommateurs
bouscule les habitudes. Dans les rayons, des
vinaigrettes industrielles transforment un plat
que l’on croit sain en assaisonnement trop salé et sucré. Additifs,
taux de sodium élevés, sucres cachés : le magazine met en garde et
détaille pourquoi ces sauces posent problème. Et ce, même quand
l’étiquette promet d’être « légère ».

A la maison, une vinaigrette se compose d’huile, de vinaigre et
d’un peu de moutarde. Rien de plus. Dans les flacons prêts à
l’emploi, la liste s’allonge et s’opacifie. Le constat va
surprendre plus d’un fidèle du rayon.

Additifs, sel, sucres : ce que révèle l’enquête sur les sauces
de supermarché

Au‑delà de l’huile et du vinaigre, on croise gomme xanthane,
carraghénanes (E407), amidon modifié, protéines de pois ou gomme de
guar. « Ils n’ont aucun intérêt nutritionnel, ce sont des marqueurs
d’aliments ultratransformés », a expliqué Caroline Bataillard,
diététicienne nutritionniste, interrogée par 60 Millions de
consommateurs. « Leur utilisation laisse perplexe, surtout quand on
songe à quel point il est facile de préparer une vinaigrette »,
ajoute-t-elle. Le message est clair.

Les analyses montrent des teneurs en sel élevées : aucune des
sauces étudiées ne descend sous 1 g de sel/100 ml, certaines
dépassent 3 g/100 ml. Or l’OMS recommande de rester sous 5 g de sel
par jour chez l’adulte. Côté sucre, même des versions dites
« légères » frôlent 7,5 g de sucre/100 ml. « Le sucre et le sel sont
des exhausteurs de goût », explique Marina Devillierse,
diététicienne.

Pourquoi les vinaigrettes prêtes à l’emploi dérapent sur la
nutrition

Une vinaigrette est une émulsion instable : l’huile remonte, le
vinaigre redescend. Pour garder un aspect homogène sur la durée,
l’industrie ajoute des agents de texture et
parfois des colorants pour un rendu visuel plus « net ». Ces ajouts
stabilisent, certes, mais ils enferment la sauce dans la catégorie
des aliments ultratransformés pointés par l’enquête. C’est la
logique industrielle, pas la recette de nos cuisines.

Autre écueil, les vinaigrettes « allégées » affichent souvent
l’eau en premier ingrédient, sans réduire pour autant le sel ni les
additifs, et avec du sucre pour compenser le goût. Même lorsqu’une
référence s’approche d’une recette maison, elle peut tourner autour
de 472 kcal/100 g, soit environ 71 kcal par cuillère à soupe (15
g). En clair, on assaisonne, mais on ajoute vite des calories. De
quoi alourdir une salade en quelques bouchées.

Comment choisir une vinaigrette sans
ruiner sa salade ?

Devant le rayon, quelques réflexes simples limitent la casse.
L’idée n’est pas de bannir à vie ces produits, mais de mieux
choisir. Voici le tri à faire sans y passer des heures. On peut le
faire en un clin d’œil.

  • Privilégier une liste courte d’ingrédients « de cuisine » :
    huile, vinaigre, moutarde, herbes.
  • Éviter les séries d’additifs : gomme xanthane, carraghénanes
    (E407), amidon modifié, gomme de guar.
  • Repérer l’huile de colza et/ou d’olive en tête de liste, pas
    l’eau.
  • Se méfier des promesses « légères » : eau majoritaire, sucres
    ajoutés, sel qui reste élevé.

Le plus sûr reste la vinaigrette maison : huile
de colza ou d’olive, vinaigre, un peu de moutarde, point. Cette
base évite le sucre ajouté et les additifs. Elle se prépare
d’avance et se secoue juste avant de servir. En dosant
raisonnablement, on respecte les repères de l’OMS sans sacrifier le
goût.