Taux Livret A février 2026 : pourquoi une nouvelle baisse est
sur la table

Le compte à rebours est lancé : dans quelques jours, l’exécutif
arrêtera le nouveau taux du Livret A. Actuellement fixé à
1,7 %, ce livret réglementé très populaire est
recalibré tous les six mois. Prochaine échéance : le 1er
février 2026
. En toile de fond, le reflux des prix et des
taux à court terme qui pèse sur la formule.

Comme toujours, la mécanique part d’un calcul réglementaire,
puis d’une recommandation de la Banque de France,
avant la décision finale de Bercy. L’institution doit se prononcer
autour du 15 janvier 2026, après la publication
des chiffres d’inflation de décembre. Reste une inconnue qui fait
parler les épargnants : jusqu’où la baisse ira cette fois-ci ?

1,4 % ou 1,5 % : le calcul qui fait basculer le Livret A

Rappel de la règle : le taux du Livret A résulte de la moyenne,
sur six mois, de l’inflation hors tabac et du taux
€STR
, arrondie au dixième, avec un plancher. Le rendement
« doit être égal au maximum entre 0,5% », a rappelé Éric Dor, dans
une note citée par BFMTV. Sur le second semestre 2025, l’inflation
hors tabac tourne autour de 0,9 % et l’€STR s’établit à 1,925938 %
sur la période.

En appliquant strictement la formule, on aboutit à 1,4
%
au 1er février. « Il y a cependant peu d’arguments qui
pourraient conduire les autorités à déroger à la formule légale en
ce qui concerne le taux du livret A. Même abaissé à 1,4%, le taux
du livret A resterait très supérieur au taux d’inflation, qui s’est
limitée à 0,8% en décembre 2025. Le pouvoir d’achat de l’épargne
resterait donc bien protégé », estime Éric Dor.

Décision imminente : quelle date exacte pour trancher ?

Le jeudi 15 janvier 2026, l’Insee publie
l’inflation définitive de décembre 2025. C’est la dernière pièce du
puzzle qui fige le calcul réglementaire. Dans la foulée, la
Banque de France arrête le taux théorique et
transmet sa recommandation au ministère de l’Économie. Comme à
chaque révision, ce passage clé intervient autour de la
mi-janvier.

Vient ensuite l’arbitrage de Bercy, annoncé quelques jours après
la recommandation, pour une application au 1er février
2026
. Le gouvernement « est susceptible d’appliquer
simplement le résultat de la formule légale du livret A », ajoute
Éric Dor. « C’est ce qu’espèrent certains, supposant qu’alors que
les municipales approchent, le gouvernement craindrait
l’impopularité d’une baisse du taux du livret A », poursuit-il.

Combien en euros, et quid du LEP et du
LDDS ?

Pour un Livret A au plafond de 22 950 €, un
passage de 1,7 % à 1,4 % représenterait un manque
à gagner d’environ 69 € sur 12 mois, si le taux restait inchangé.
Le LDDS suivrait la même trajectoire, car son taux
est aligné sur celui du Livret A. Ce serait un nouveau plus bas
depuis juillet 2022, où le Livret A pointait à 1 %.

Pour le LEP, la règle impose un taux supérieur
d’au moins 0,5 point à celui du Livret A. Si le Livret A tombait à
1,4 %, le minimum légal serait donc 1,9 %. L’économiste ajoute
qu’il est « possible » que l’exécutif décide « encore une fois » de ne
pas appliquer la formule pour le LEP, en maintenant sa rémunération
au-dessus des 2 %.