Le gouvernement du Québec a finalement rejeté le «plan correcteur» soumis au ministère de l’Environnement par l’homme d’affaires Glenn Chamandy pour remettre en état de vastes superficies de terres protégées, sérieusement altérées par l’aménagement d’un «terrain» de golf privé.
Le PDG de la multinationale Gildan et son épouse, Amel Murad Chamandy, font l’objet d’attention particulière depuis qu’il fut révélé, l’été dernier, que d’importants travaux d’aménagement d’un parcours de golf avaient été entrepris sans autorisation sur leur domaine privé d’Austin, dans les Cantons-de-l’Est.

Photo Marco Bergeron – Le Reflet du Lac – Magog
Ces travaux, qui auraient débuté en 2024 pour se poursuivre jusqu’en 2025, auraient entraîné le déboisement ou l’abattage de plusieurs hectares de milieux humides et forêts centenaires protégées, à proximité du lac Memphrémagog.
Après des dénonciations, la Commission de protection du territoire agricole et le ministère de l’Environnement ont fait enquête et ont chacun conclu à l’illégalité des gestes commis. Des ordonnances et avis de non-conformité ont depuis permis à Québec de faire cesser les travaux et d’exiger un plan visant la remise en état des lieux dans leur état initial.
Pas de rétablissement possible
En réponse à nos questions, le ministère de l’Environnement confirme qu’un tel plan correcteur a été déposé le 30 octobre dernier au nom des propriétaires, mais qu’après analyse ce dernier fut rejeté.

Le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Par courriel, le ministère justifie sa décision par le fait qu’il ne permettait «pas la remise en état complète du milieu humide ou dans un état s’y rapprochant, ni le rétablissement de ses fonctions écologiques».
Le ministère ajoute qu’«aucun délai supplémentaire» fut accordé au couple Chamandy, et qu’il n’exclut aucun recours pour assurer le retour à la conformité en parallèle de l’enquête pénale actuellement en cours.
Un message clair
Appelé à réagir, l’organisme environnemental Memphrémagog Conservation inc. (MCI) estime que ce refus de Québec envoie un message à la fois clair et rassurant «à l’effet que l’environnement est important et que sa protection doit être prise au sérieux».

Johanne Lavoie, présidente bénévole du Memphrémagog Conservation Inc. (MCI), à l’occasion du conseil municipal d’Austin, le 2 septembre 2025.
Martin Jolicoeur
«Le message aux propriétaires est qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec la nature, estime sa présidente Johanne Lavoie. Dans ce cas-ci, c’est littéralement une partie des poumons et des reins du lac Memphrémagog qui a été arraché.»
«Les milieux naturels prennent des dizaines de milliers d’années pour se constituer. Après leur destruction, il est normal que la marche soit haute pour tenter de recréer des milieux équivalents.»