Par
Cédric Nithard
Publié le
10 janv. 2026 à 10h55
À force de voir les différents candidats en campagne, Thierry Tsagalos a fini par trouver le temps long. Conforté par les sondages publiés à la fin de l’année, il a décidé de sauter le pas en annonçant sa candidature aux municipales à Montpellier. Et s’il n’a pas eu de réponse quant à l’investiture du Rassemblement National tardant à se pencher sur la question, il espère bien obtenir son soutien. Quoi qu’il en soit, Thierry Tsagalos entre de plein pied dans la campagne. Avec une ambition : « Être le challenger numéro un à Michaël Delafosse ».
Lorsque l’on s’était rencontré en septembre dernier, vous souhaitiez obtenir l’investiture du Rassemblement National pour les municipales à Montpellier. La campagne est déjà bien avancée, nous sommes à deux mois du dépôt des listes à la Préfecture, qu’en est-il pour vous ?
Si je vous rencontre aujourd’hui c’est pour vous annoncer ma déclaration de candidature aux municipales à Montpellier. Donc je suis candidat aux municipales et j’ai demandé un soutien au Rassemblement National plutôt qu’une investiture. Voyant que j’aurai pu avoir une investiture début février parce que le parti comptait donner une réponse tardivement, j’ai préféré gagner un mois et avancer le calendrier.
D’autant que si les autres députés RN-UDR sont candidats dans d’autres villes, Charles Alloncle n’est pas intéressé par cette élection et il n’y a pas d’autres candidats à cette investiture.
Charles Alloncle avait déclaré effectivement ne pas être intéressé par aucune tête de liste dans des villes de la 9e circonscription et donc émis le souhait de ne pas être candidat à Montpellier, Lunel ou ailleurs.
Vous avez son soutien ?
Oui j’ai le soutien de Charles Alloncle mais c’est vrai que la Commission National d’Investiture a pris beaucoup de temps à donner des réponses. Il y a plusieurs explications à cela comme le calendrier des législatives avec de potentielles dissolutions. Il y a d’ailleurs encore des villes en Occitanie sans candidat déclaré du RN. Julien Gabarron a déclaré sa candidature à Béziers il y a seulement trois jours. Aujourd’hui, je ne peux plus attendre. Le dépôt des listes est dans un mois et, vous le constatez comme moi, il n’y a pas d’autres candidats à cette investiture sur la ligne de départ. Donc on ne peut plus attendre ou alors on fait l’impasse sur Montpellier.
Par rapport au parti, c’est un coup de force que vous faite ?
Non ce n’est pas un coup de force. Je fais simplement le constat qu’il n’y a pas d’autres candidats à cette investiture. Je précise que je n’ai pas eu de refus à cette investiture, j’ai continué à discuter avec mes instances locales et nationales. J’ai fait jeudi un recommandé contenant un document de soutien que le RN a proposé à des maires sortants et des candidats avec treize points déterminés par le RN à respecter pour avoir son soutien. Et je coche toutes les cases. Je pars donc sur le fait d’avoir un soutien du RN et de l’UDR pour ensuite avoir une large liste de rassemblement plus ouverte et qui nous fermerait peut-être moins de portes au second tour. Et d’ailleurs en interne, pas mal de cadres locaux et nationaux m’ont incité à partir en campagne et à ne pas attendre. Ce n’est vraiment pas un coup de force. Ce serait le cas s’il y avait un autre candidat mais à ce moment là je serai parti avec le ou la candidate.
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Quand on pense RN à Montpellier on pense à France Jamet. Vous a-t-elle apporté son soutien ?
Pour vous dire la vérité, je ne l’ai pas eu récemment. La dernière fois c’était malheureusement pour l’enterrement de son père et lui souhaiter mes condoléances. Je l’ai eu ensuite en août où nous avons parlé de plein de choses mais pas forcément de Montpellier. Je vais la contacter dans les jours qui viennent pour qu’elle nous aide. Elle a toute sa place avec nous. La famille Jamet a fait beaucoup pour l’Hérault et on est reconnaissant de cela même si aujourd’hui c’est une autre époque.
Comment va s’orienter votre campagne maintenant ? Qu’en est-il de la liste ?
Heureusement, nous n’avons pas attendu la déclaration de campagne pour constituer la liste. Je travaille depuis deux ans déjà sur la constitution de cette liste. Il faut 65 personnes, nous partons avec 80 personnes pouvant potentiellement être sur la liste.
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Ce sont des personnes connues à Montpellier, engagées politiquement, de la société civile ?
Il n’y a pas de vedette du Parti Socialiste si c’est la question que vous me posez (rires). Dans les autres candidatures, on voit des reliquats des derniers mandats. Il y a des gens intéressants et d’autres moins. Nous, nous sommes plutôt sur des personnes nouvelles, beaucoup de la société civile. Il y a des commerçants, des avocats, un médecin, des personnes travaillant dans la communication, un agriculteur… ce sont des personnes issues de tous les milieux et de tous les secteurs. Des femmes, des jeunes et des personnes de toutes origines… ce sont des personnes qui aiment Montpellier et la France.
Au niveau du programme, est-ce que vous avez déjà des axes et des sujets que vous souhaitez développer ?
Michaël Delafosse a exagéré sur les vélos. Nous, nous souhaitons rouvrir la ville à la voiture sans néanmoins être contre le vélo. On voudrait ainsi rouvrir le tunnel de la Comédie car il n’y a pas trop de sujet à faire passer des vélos dans un tunnel. D’autant que si vous souhaitez vous garer au parking de la Comédie, vous arrivez au -3 et il faut ensuite prendre un ascenseur pour stationner au -1. Je veux ainsi faire une piste cyclable sur l’esplanade Charles de Gaulle pour sanctuariser les vélos sur un espace délimité et qu’ils mettent pied à terre sur la place de la Comédie. Pour que les commerçants de plan Cabanes et des Arceaux retrouvent leurs clients qui ne peuvent plus se garer, on souhaite enlever le sens unique de la rue Saint-Louis pour permettre d’aller au parking Gambetta où l’on ne peut accéder qu’en venant de Montpellier Ouest. On voudrait aussi rouvrir l’avenue Albert Dubout pour soulager les habitants des quatre boulevards.
Il y a un sujet également que nous n’avions pas abordé la dernière fois c’est que nous nous opposons frontalement au projet d’incinérateur de Michaël Delafosse. C’est un projet porteur de pollutions extrêmement nombreuses pour le corps humain notamment des nanoparticules qui induisent des maladies pulmonaires, des cancers et des leucémies. Quand vous discutez avec le maire de Lunel-Viel s’il pouvait arrêter son incinérateur, il le ferait. Et nous, nous arrivons avec une solution qui pourrait intéresser Lunel-Viel. Tout ce que je vais proposer dépasse largement les clivages politiques et va vraiment dans l’intérêt général. Nous avons un intérêt à arrêter cette folie du maire de vouloir faire un incinérateur à plastique d’autant que là où il veut le faire c’est à 3 000 m de la place de la Comédie.
Quelle est cette solution que vous évoquiez ?
C’est une usine de traitement des déchets qui permettra un traitement de plus de 80% des déchets, sans nanoparticules à la sortie et en étant sur un bilan carbone extrêmement favorable. Les 20% restants peuvent être retraités par d’autres processus complémentaires. On serait sur un actionnariat partagé avec des propositions d’actionnariat qui pourraient impliquer d’autres communes ou collectivités car ce modèle implique de collaborer avec au moins une autre agglomération par rapport au coût et à l’échelle du projet.
Ce serait donc une usine à construire ?
C’est effectivement une usine à construire dont le site est à déterminer. Nous avons déjà plusieurs idées. Le corolaire de ce projet est qu’il pourrait permettre de fermer l’incinérateur de Lunel-Viel donc cela pourrait intéresser énormément Lunel Agglo. Un incinérateur multiplie le taux de cancers, leucémies et maladies pulmonaires donc ce n’est pas quelque chose d’anodin. Le Rassemblement National est très présent sur les questions de sécurité. Nous voulons multiplier par trois le nombre de policiers municipaux mais si ensuite on attrape un cancer parce qu’on a un incinérateur à 3 000m de la place de la Comédie, on est aussi en insécurité. Donc, j’inclue dans la sécurité, de proposer un projet alternatif à cet incinérateur.
Le CSR est un point qui est par ailleurs abordé par la plupart des candidats.
C’est un sujet très clivant. Certains candidats ne se sont pas encore déterminés donc je n’accuse personne mais, pour le moment, nous sommes les mieux-disant sur ce projet. On va plus loin que le projet de Jean-Louis Roumégas qui a dans son équipe François Vasquez, quelqu’un de sincère et d’intéressant qui avait déjà lutté contre le projet d’Ametyst. Un projet mal piloté et désastreux qui a forcé des restaurants à déménager, des résidents à vendre avec de grosses pertes de valeur… Et, à l’époque, c’était déjà pour éviter un incinérateur mais ensuite cela a mal fonctionné. Nous devons vraiment tourner une page pour passer sur quelque chose de différent. Notre projet s’inspire ce ce qui a déjà été fait à San Francisco et qui n’existe pas encore en France. Dès l’élection, si demain nous sommes au pouvoir, nous mènerons toutes les études pour mener à bien ce projet.
La campagne est déjà bien avancée, j’imagine que vous la regardez avec attention. Est-ce qu’il y a des candidats avec qui vous pouvez vous entendre ?
On espère faire le plus gros score possible au centre et à droite au premier tour. Ensuite au second tour, nous tendrons la main aux autres candidats. L’idéal ce sont les candidats sans étiquette.
On pense donc à Isabelle Perrein.
On peut penser à Isabelle Perrein par exemple mais elle est pour un incinérateur à un autre endroit qu’Ametyst.
Tant mieux mais je ne crois pas que la simple réduction des déchets et le tri suffira à traiter la problématique. Nous sommes dans une métropole de 522 000 habitants, on sait que cela ne suffira pas. C’est se mentir à soi-même que de proposer ce programme qui est un peu celui de Jean-Louis Roumégas.
Les Républicains sont totalement absents de cette campagne, est-ce qu’au sein du Rassemblement National vous en avez déjà attiré ?
Oui. Nous avons accueilli beaucoup de personnes venant des LR même si ce ne sont pas des têtes d’affiche. Nous avons aussi des militants qui viennent de l’UDI. On est très ouvert à ce sujet car on sait que 80% des électeurs LR sont pour une alliance avec le RN. Aujourd’hui, je pense que l’on peut rassembler à Montpellier. Je suis moi-même issu des partis raisonnables comme l’était l’UMP donc je pense que ce n’est pas un problème. Sur certains sujets on est un peu plus dur effectivement mais l’idée est d’avoir la sincérité d’aller jusqu’au bout et de faire passer nos idées.
Lors des deux sondages publiés à la fin de l’année dernière, vous étiez crédité aux alentours de 10% (IFOP : 9% ; Harris Interactive : 11%) donc en position d’être qualifié au second tour et ce, sans vous faire injure, sans être connu du grand public. Que vous inspirent ces résultats ?
Sur le dernier sondage nous sommes donné à 11% et troisième derrière Michaël Delafosse du Parti Socialiste et Nathalie Oziol de La France Insoumise. Notre objectif aujourd’hui est de très rapidement passer devant LFI pour être le challenger numéro un à Michaël Delafosse pour pouvoir ensuite être en mesure de pouvoir prendre la mairie. Nous sommes relativement proches de LFI, seuls cinq points nous séparent.
Sans avoir fait campagne.
Sans avoir fait campagne, sans être moi-même parlementaire, sans avoir la médiatisation… Simplement sur finalement de la sincérité, des rencontres… Si je n’étais pas encore candidat déclaré, on a quand même rencontré énormément de commerçants et d’habitants de Montpellier. Tout n’a pas forcément été posté sur les réseaux sociaux parce que je n’étais pas encore candidat déclaré mais on a un accueil très positif sur le terrain.
D’ailleurs, on vous connait pour vos activités sur les réseaux sociaux en tant qu’administrateurs de pages consacrées à la politique, allez-vous les mettre en pause ?
Je ne vais pas les mettre en pause mais je vais me faire remplacer pendant deux mois car effectivement j’ai le groupe Montpellier Politique sur Facebook dans lequel tout le monde poste : des personnes de gauche, du centre, de droite, des écolos, même des membres de la mairie ou des élus… L’idée est de mettre un autre administrateur pendant le temps de la campagne mais le groupe restera ouvert à tout le monde en restant toujours dans la discussion, l’ouverture et la démocratie.
Quel sera le mot d’ordre de votre campagne ?
C’est de rendre sa grandeur à Montpellier, rendre les Montpelliérains fiers de leur ville et permettre à Montpellier d’être de nouveau la surdouée. Ce qu’elle a été du temps de Georges Frêche. Nous voulons aussi redonner de la fierté à des personnes qui, avant, votaient à droite, à gauche ou au centre, chacun avec ses positions, et qui, aujourd’hui, face à des fractures de la société, ces divisions où on oppose les piétons, les cyclistes et les automobilistes par exemple, mais aussi le communautarisme ou les minorités. Nous, nous voulons rassembler tout le monde dont, ce que j’appelle, l’ancienne gauche. Ces personnes qui votaient Georges Frêches, Jean-Louis Gayssot, Georges Marchais… et que l’on puisse se consacrer aux sujets essentiels. Parmi les sujets essentiels de Montpellier, il n’y a pas la Palestine par exemple. Et si certains voudraient résoudre des problèmes géopolitiques mondiaux, ce n’est pas à Montpellier qu’ils seront écoutés. Dans une ville endettée à plus de 2mds€, où au niveau de la sécurité il y a une très forte augmentation des agressions et des crimes, que l’on se retrouve avec une population fracturée, où beaucoup de commerces font faillite… je pense qu’il faut vraiment se concentrer sur les Montpelliérains. À la Paillade, il y a 45% de chômage par exemple. Comment fait-on aujourd’hui pour résoudre le chômage et la pauvreté à Montpellier ? Il faut faire venir des entreprises, trouver des terrains, relier les personnes de bonne volonté… Malheureusement aujourd’hui, la règlementation et les politiques sont perçus comme quelque chose de négatif. Le porteur de projet doit toujours convaincre. Pourquoi ce ne serait pas l’inverse ? Pourquoi ce ne serait pas aux politiques d’être proactifs et de favoriser la création d’emplois en allant tel un VRP, en commercial de la ville, rencontrer d’autres personnes et ouvrir la ville aussi à d’autres entrepreneurs. Quelqu’un comme Mohed Altrad a toute sa place pour développer l’entreprise dans la Métropole ou sur une aire élargie. Chacun peut être utile à Montpellier. Bien sûr, nous lui tendrons la main au second tour.
C’est une manière de dire que vous allez vous concentrer uniquement sur la ville ?
Si on s’intéresse à des sujets en dehors de la ville cela doit être dans l’intérêt de la ville comme sur des sujets d’entreprise, d’emplois ou de grands équipements. Une force que nous avons au Rassemblement National, c’est que nous avons beaucoup de députés donc nous avons aussi une caisse de résonance à l’Assemblée.
Montpellier est une ville historiquement à gauche, le Rassemblement National peut-il l’emporter ?
Je pense sincèrement que le Rassemblement National peut l’emporter car Marine Le Pen a complètement changé l’image de ce parti. Aujourd’hui nous avons l’alliance avec l’UDR, beaucoup de personnes d’autres partis nous rejoignent, beaucoup de militants sont aussi des personnes qui avant votaient à gauche. Ce sont des personnes qui parfois se disent patriotes de gauche, qui votaient Jean-Pierre Chevènement, qui apprécient les discours d’Arnaud Montebourg sur la souveraineté industrielle, l’emploi et les solutions qu’il equisse… Je pense que le Rassemblement National est un parti qui peut demain rassembler toutes ces idées et peut-être d’autres personnes nouvelles. Je parle en mon nom bien sûr et pas à la place de Marine Le Pen mais à Montpellier on veut agréger toutes les bonnes volontés. Il est vrai qu’aujourd’hui dans les communes lorsqu’un candidat gagne une mairie, la première chose qu’il fait c’est tuer tout ce qu’a fait son prédécesseur. C’est exactement ce qu’a fait Michaël Delafosse dans les associations où il y avait des Sauréliens et je peux citer Élan d’art, un festival d’art émergent qui a été tué dans l’oeuf. C’est dommage. Regardez Louis Alliot à Perpignan, VISA pour l’Image est une réussite pour la ville et il n’a pas cherché à sortir des dirigeants ou mettre des personnes du Rassemblement national. Il leur a permis de continuer à développer leur festival tout en le respectant finalement. Il faut arrêter avec ces règlements de compte et si demain nous gagnons la ville, nous tendrons la main à toutes les personnes de bonne volonté quelles qu’elles soient. Je pense que l’on a les capacités de finir deuxième au premier tour. Et, si on finit deuxième au premier tour, on peut finir premier au second. C’est ce qu’il s’est passé pour Philippe Saurel en 2014 et à Michaël Delafosse en 2020.
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