
Peut-on dire qu’est votre album le plus intime ?
« Oui, parce qu’il parle de ma vie, de mon passé de couple mais également de tous les animaux que j’ai pu avoir dans ma vie et qui ont été mes confidents. Ils étaient silencieux à écouter ce que j’avais à leur dire sans jamais me trahir. Puis, ça parle aussi d’un copain qui a été quitté par sa femme. Quand j’ai enregistré un titre, je pensais à lui. Je lui ai offert et ça l’a beaucoup aidé psychologiquement, ça l’a aidé à accepter la séparation. »
Quand vous rencontrez vos fans aujourd’hui, que vous disent-ils le plus souvent ?
« On évoque des souvenirs, beaucoup de souvenirs… On me dit souvent la même chose : « Votre chanson m’a permis de rencontrer ma femme » ou « votre chanson m’a permis de faire mon premier enfant ». Toutes les chansons, que ce soient les miennes ou celles des autres, marquent nos vies. Certaines font partie de la bande originale de notre vie. »
Qu’est-ce qu’un fan a fait de plus fou pour vous ?
« Je recevais des lettres très chaudes. (rires) Il y était écrit : « Je t’attends samedi soir, à partir de minuit. Mes parents sont couchés alors prends la porte à gauche et tu me trouveras. Prends tes précautions, je ne prends pas la pilule ». »
Vous avez dû faire beaucoup de maris jaloux…
« Peut-être, oui, mais j’ai aussi fait beaucoup de mariages ! » (sourire)
Que pensez-vous de la chanson française d’aujourd’hui ?
« Elle a totalement changé. Ce n’est plus ce que c’était. Où sont passés les Brel ? Je ne sais pas, je ne les vois pas. Il y a de belles chansons à texte mais je n’ai plus l’impression que c’est ce qui fonctionne. Aujourd’hui, on déshumanise la chanson pour en faire un moyen publicitaire. On fait des chansons pour vendre, et en particulier aux jeunes. Et, les gens d’un certain âge, comme moi, on les oublie un petit peu. À la radio, on n’entend plus certains artistes. C’est bien dommage. »
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la chanson étant plus jeune ?
« Quand j’avais huit ans, un Frère m’a proposé de chanter à la chorale. Je n’avais vraiment pas envie d’y aller. Je préférais aller jouer aux billes avec mes copains. Mais, sous la menace de devoir faire mes devoirs à la place, j’y suis allé. (rires) Il y avait environ 200 enfants et ados dans cette chorale. On avait tous le même texte mais on chantait de façon différente. Et là, j’ai découvert l’harmonie. C’était magique. »
Est-ce que vous chantez les chansons d’amour de la même façon aujourd’hui ?
« Non, les mots sont un peu plus recherchés aujourd’hui. C’est peut-être l’expérience de vie qui fait ça. Il y a une plus grande sincérité que dans les chansons que je chantais à l’époque et qui étaient avant tout faites pour séduire les midinettes comme on dit. »
Vous gênait-elle cette étiquette de chanteur à midinettes ?
« Non, pas du tout. Je chantais et j’avais du succès. C’était le principal. C’était, au contraire, un vrai plaisir pour moi. J’ai pu faire beaucoup de jolies choses et vivre de belles expériences grâce à mon métier. J’avais surtout peur que ça s’arrête. Je me sens beaucoup mieux sur scène que chez moi, en pantoufles. »
Christian Delagrange en concert le 27 février au Centre Culturel d’Auderghem. Infos et réservations sur ccauderghem.be.
Marié avec une Belge de 40 ans sa cadette
Le 27 février prochain, Christian Delagrange montera sur la scène du Centre Culturel d’Auderghem pour un concert mêlant anciennes et nouvelles chansons. « J’aime toutes les chansons que j’interprète sur scène. Si elles sont sur scène, c’est parce que les gens les attendent et s’ils les attendent, c’est parce qu’ils les aiment. Et, s’ils les aiment, je les aime automatiquement », déclare-t-il.
En 55 ans de carrière, le chanteur a construit un lien fort avec le public belge et avec la Belgique. Celui-ci s’est intensifié il y a peu lorsqu’il s’est marié avec Mélissa, une Belge de 38 ans, soit 40 ans sa cadette. « Je la connais depuis longtemps. Ses parents avaient la gentillesse de me proposer leur aide quand je ne savais pas me déplacer en Belgique, que je devais aller chercher un train ou l’autre. Lorsque leur fille a grandi et qu’elle a eu le permis de conduire, elle s’est proposé de m’emmener à son tour, raconte l’artiste. Pendant une quinzaine d’années, c’était de l’amitié pure et simple. Et cela s’est transformé en amour. Je me suis rendu compte que c’était la femme idéale. Nous revenons donc régulièrement en Belgique pour voir ses parents. »
