Dans son « paquet de mesures agricoles », le gouvernement a notamment annoncé que le nombre de loups pouvant être éliminés dans l’année allait « augmenter de 10% », répondant ainsi à une demande forte des éleveurs face aux attaques de troupeaux.
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Publié le 10/01/2026 12:32
Temps de lecture : 2min

Jean-David Abel, vice-président de l’association France Nature Environnement. (?FRANCOIS LAFITE/WOSTOK PRESS / MAXPPP)
« La ministre s’assoit totalement sur le droit », fustige Jean-David Abel, responsable du réseau biodiversité chez France Nature Environnement, invité samedi 10 janvier sur franceinfo. Il a réagi aux annonces de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui a autorisé une augmentation de 10% du nombre de loups pouvant être tués, pour répondre à des revendications de certains éleveurs.
« On peut comprendre que les éleveurs considèrent qu’ils se font balader par l’État, parce que l’État gère les choses de façon politicienne au lieu de se baser sur des éléments scientifiques, des éléments techniques et sur le droit », tacle Jean-David Amiel.
« Là, en l’occurrence, la ministre s’assoit totalement sur le droit parce que le cadre juridique dit bien, malgré le changement de statut du loup, que tout ce que font les États en matière de destruction, ça doit être compatible avec le maintien de la population dans un bon état de viabilité », explique le responsable du réseau biodiversité.
Avec cette décision, la France va donc sortir des contraintes imposées par l’Europe, estime-t-il. « C’est absolument clair d’un point de vue juridique et scientifique », car déjà, dans les quotas actuels, « la population avait plus de 50% de chances de régresser », affirme Jean-David Amiel, rappelant les conclusions d’une étude récente du CNRS « rendue il y a quatre mois à la demande de l’État ».
Jean-David Abel conteste également l’efficacité des tirs de loups pour protéger les troupeaux. « Sur les dix dernières années, vous pouvez voir que sur les départements historiques justement, c’est pratiquement stabilisé, sauf quelques foyers de-ci de-là et que l’essentiel de l’augmentation [des attaques], elle a eu lieu sur les nouveaux territoires de présence », a-t-il expliqué. « Donc en fait, ce que fait l’État en faisant ça, c’est qu’il fait semblant de dire que c’est en tirant des loups qu’on va pouvoir protéger les troupeaux de façon prioritaire. »
« Trois décennies de présence du loup nous ont montré que ce qui est le plus efficace, c’est la mise en œuvre efficace des moyens de protection et notamment des chiens », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant qu' »il peut y avoir bien sûr des tirs de loups quand les moyens de protection échouent ». « Mais ce n’est pas par le tir qu’on va pouvoir prévenir les attaques », a-t-il insisté.