Et de deux. Après avoir confirmé le 25 décembre dernier avoir ouvert une enquête sur l’enregistrement clandestin d’une conversation entre les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand et deux responsables socialistes, le parquet de Paris vient selon nos informations de faire de même concernant une possible nouvelle captation clandestine d’un échange privé entre le même Thomas Legrand et Laurence Bloch, son ancienne patronne à France Inter.

Les faits présumés se sont déroulés dans une brasserie du XIVe arrondissement de Paris le 15 décembre dernier. Le journaliste et la retraitée du service public avaient échangé plus d’une heure au sein de l’établissement, avant de voir leur conversation rapportée dès le lendemain matin par Europe 1 et CNews.

En ligne de mire, Europe 1 et CNews

Thomas Legrand et Laurence Bloch ont depuis porté plainte. Le journaliste de Libération cible trois délits concernant aussi bien la possible « captation illégale » de sa conversation que l’utilisation qui a été faite de ce supposé enregistrement, avec en ligne de mire les médias Europe 1 et CNews.

Et notamment une phrase de Pascal Praud prononcée le 16 décembre au début de son émission, « L’Heure des pros », diffusée sur le canal 14. Après avoir cité à l’antenne des propos prêtés à Laurence Bloch lors de cette conversation de la veille avec Thomas Legrand, l’animateur avait précisé à son public : « Tout ce qu’on se dit est enregistré bien sûr. On ne peut pas le passer bien évidemment parce que c’est interdit. Mais tout ce que je vous ai dit, tout cela est codifié. » La preuve indubitable pour le camp Legrand de l’existence d’un enregistrement de l’échange.

Contacté, le parquet de Paris a confirmé vendredi soir que sa section de protection des libertés fondamentales a confié l’enquête sur cette affaire « d’atteinte à la vie privée » à la brigade de police judiciaire de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Un magazine fondé par des proches de Marion Maréchal

La plainte de Thomas Legrand s’ajoute à celle qu’il a déposée le 18 septembre contre X et contre L’Incorrect, un magazine fondé par des proches de Marion Maréchal. Le dossier concerne cette fois la publication, en septembre, par le titre de presse, de vidéos tournées clandestinement et montrant une autre conversation privée dans un autre café parisien entre lui, son confrère Patrick Cohen et deux responsables du Parti socialiste.

Une première affaire dont le parquet s’est déjà saisi avec des investigations en cours. Thomas Legrand et Patrick Cohen – qui a également porté plainte dans ce dossier – ont ainsi été entendus le 3 novembre dernier par la police, tout comme le directeur de la rédaction de L’Incorrect, Arthur de Watrigant, début décembre.