Lille (L1) – Lyon (L1)

Les derniers jours n’ont pas été un long fleuve tranquille pour le Losc. La défaite concédée face à Rennes (0-2) a laissé des traces, comme si la contre-performance sur le terrain ne suffisait pas : emportement de son dirigeant contre un arbitre, boycott de la presse par son entraîneur et insultes en tribunes ont rapproché les Nordistes de la crise avant de recevoir Lyon, dimanche 11 janvier 2026 pour le compte des seizièmes de finale de Coupe de France.

Ulcéré par le carton rouge infligé par Éric Wattellier au défenseur central Alexsandro dès la 13e minute, le président du club nordiste Olivier Létang a interpellé l’arbitre à la mi-temps, qualifiant sa décision de « honte », « scandale », tandis que Bruno Genesio a dû être retenu par plusieurs joueurs alors qu’il se dirigeait vers l’officiel.

Le groupe d’ultras Dogues Virage Est pointé du doigt

Après la défaite contre le Stade rennais, l’entraîneur a même boycotté la traditionnelle conférence de presse, fait rarissime. Malgré plusieurs demandes des journalistes présents, aucun dirigeant n’a souhaité s’exprimer pour commenter les chants insultants des Dogues Virage Est – principal groupe d’ultras – parfois homophobes, envers l’arbitre, leurs rivaux lensois, mais aussi les journalistes à côté desquels ils avaient curieusement été déplacés, leur tribune étant fermée.

Si le Losc a condamné « les propos et comportements inacceptables tenus par une petite partie du public présent », il n’a pas cité les DVE, ni qualifié les insultes d’homophobes dans un communiqué publié quatre jours après la rencontre, et n’a pas souhaité répondre aux questions concernant ces événements avant le match contre Lyon.

Mais Bruno Genesio a accepté de revenir sur son attitude, offrant aux quelques journalistes présents un mea-culpa : « Il s’est passé des choses qu’on a tous condamnées, sur le terrain, en dehors du terrain. Je n’étais peut-être pas dans l’état psychologique de faire une conférence de presse comme j’aime les faire, en étant lucide, objectif et surtout pour ne pas aggraver mon cas. J’aurais pu peut-être dire des choses qui allaient dépasser ma pensée sur le moment. À chaud, on peut avoir du mal à se contrôler. Lorsqu’on revoit les images, on n’est jamais très fier de ce genre de comportement. »

Le Lyonnais de 59 ans est toutefois resté sur sa position, estimant que « M. Wattellier aurait pu prendre un peu plus de temps avant de sortir le carton rouge », et affirme qu’il faut un « dialogue » avec les arbitres.

Létang risque une nouvelle sanction

Au-delà de ces considérations, l’attitude, souvent répréhensible cette saison, des dirigeants du Losc envers les arbitres, fait peser un climat lourd sur l’équipe, pourtant quatrième de la Ligue 1 et toujours en course pour une qualification en huitième de finale de la Ligue Europa.

Olivier Létang a par exemple déjà été condamné par l’UEFA à une amende de 10.000 euros pour s’être plaint auprès de l’arbitre à la mi-temps de la défaite contre le PAOK. Déjà suspendu après des propos encore véhéments contre l’arbitrage du match contre Lyon, il pourrait être sanctionné, tout comme Bruno Genesio, par le Conseil national de l’éthique, qui s’est, selon L’Équipe, saisi du dossier. Mais Genesio « ne pense pas » que ces coups de colère aient des conséquences sur son équipe, et « n’a pas l’impression (que Lille soit) focalisé beaucoup plus sur l’arbitrage que d’autres clubs ».

En tribune, le match entre Lille et Rennes a en tout cas marqué un nouvel épisode dans ce feuilleton de comportements condamnables commis par les ultras de Lille, après les jets de projectiles contre des forces de l’ordre à Berne et les insultes racistes à Strasbourg. Le signe d’un club où, cette saison, règne la tension.

Ce dimanche 11 janvier 2026 à 21 h, sur beIN Sports 1.