Par
Glenn Gillet
Publié le
10 janv. 2026 à 16h52
Catherine Michaud est une habituée des tractages. Mais rien ne pouvait préparer cette militante politique expérimentée, élue au conseil régional d’Île-de-France et conseillère déléguée au sein de l’exécutif mené par Valérie Pécresse, à l’agression qu’elle a subie jeudi 8 janvier 2026 alors qu’elle faisait campagne dans les rues de Paris pour Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons-Renaissance aux élections municipales pour succéder à Anne Hidalgo.
« Tant qu’elle ne m’aura pas donné ses tracts, je ne le lâcherai pas »
Il est 18h passées et plusieurs militants distribuent des tracts à la sortie de la station de métro La Motte-Picquet–Grenelle, dans le 15e arrondissement. Un homme, venu peu de temps auparavant se planter à côté d’eux, les invective en « hurlant ». « Il tenait des propos manifestement politiques, contre le président de la République, contre Édouard Philippe, les accusant de vouloir ‘faire crever nos enfants’, d’être favorables au Mercosur alors que les agriculteurs étaient en train de ‘crever la bouche ouverte’ et il disait aux gens de ne pas prendre nos tracts ». Face à lui, Catherine Michaud « ne lui répond pas », préférant s’adresser aux passants.
Mais vers 18h40, le ton du perturbateur change radicalement : « A un moment, il me dit que de toute façon, il va venir me prendre mes tracts parce que, selon lui, on n’avait pas à être là. C’est la seule fois où je lui réponds, pour lui dire ‘non, vous n’avez pas à faire ça’». L’homme se montre de plus en plus virulent et alors que la pression monte, il affirme qu’il se réclame « de La France insoumise », sans en dire d’avantage sur ses liens avec le mouvement.
C’est alors qu’il vient empoigner le bras de Catherine Michaud, au niveau du poignet. « Là, il y a des passants qui se sont arrêtés et qui ont dit ‘non monsieur, arrêtez, vous n’avez pas à faire ça, lâchez-là » et il répondait qu’on n’avait pas à tracter. Il a même dit ‘tant qu’elle ne m’aura pas donné ses tracts, je ne le lâcherai pas’ ». Tout cela dure « quelques instants », raconte l’élue.
Une « volonté d’intimidation » qui n’a « pas sa place en démocratie »
« Mes collègues sur le trottoir d’en face ont vu ce qu’il se passait et un d’entre eux s’est interposé et a sorti une ancienne carte de militaire qu’il avait sur lui. Ça l’a fait fuir et il est parti en prenant le métro », raconte-t-elle. Le lendemain, elle dépose plainte au commissariat du 15e arrondissement, en espérant que son agresseur puisse être retrouvé. « Normalement, sur le métro, il y a des caméras », note-t-elle, « en espérant qu’elles fonctionnent. Donc, ce sera à la police et à la justice de faire le reste ». Contactés, la préfecture de police et le parquet de Paris n’ont pas répondu à nos sollicitations à ce stade.

Catherine Michaud (au centre) lors d’un précédent tractage dans le 15e arrondissement de Paris aux côtés de Pierre-Yves Bournazel. (©Catherine Michaud)
Une telle violence dans un moment de militantisme politique, Catherine Michaud assure ne jamais en avoir vécue lors d’un tractage mais se souvient, lors de sa participation à la campagne en faveur du Mariage pour tous, de la virulence débridée de ses opposants. « Je ne pourrais pas vous dire qu’à l’époque, les choses se sont passées de manière apaisée, ce serait faux », se souvient celle qui est depuis 2023 conseillère déléguée spéciale à la lutte contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme au conseil régional et qui est par ailleurs la présidente du Gaylib, mouvement politique libéral à destination des personnes LGBT+ rattaché au Parti radical.
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Malgré le choc, l’élue assure ne pas avoir « peur » mais dénonce une « volonté d’intimidation » qui n’a « pas sa place en démocratie ». Elle estime que de tels actes peuvent être favorisés par un « climat global » délétère, alimenté selon elle par « les extrêmes qui sont des dangers pour la République, chacun à leur manière ».
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