Sur le chantier, un ouvrier pointe les scories, ces résidus toxiques présents sur le littoral Sud de Marseille.
Pillot – LP – Philippe Laurenson – LAURENSON Philippe
Pas une journée à perdre dans ce chantier dont la première phase doit s’achever fin mars avant une deuxième entre septembre 2026 et mars 2027. La dépollution des calanques de Marseille, où se pressent chaque année 3 millions de touristes qui ignorent que ces paysages à couper le souffle sont pollués, a commencé en septembre et doit s’accélérer. D’après nos informations, l’État a demandé aux ouvriers du chantier de prolonger leurs journées de travail afin de finir, comme prévu, la première phase des travaux qui concerne la portion de Saména à la Calanque blanche au 31 mars 2026.
« Respecter les délais que l’État s’est lui-même fixés »
Au mois de décembre, c’est une enquête auprès des riverains qui a fait remonter leurs inquiétudes. « Les résidents étaient invités à se prononcer sur les gênes occasionnées par les travaux, et deux constats sont ressortis. D’abord, que la maîtrise d’ouvrage était faite dans les règles de l’art, avec des panneaux de circulation pour informer des ballets de camions, de la présence de voies sans issue autour de la calanque de Saména. L’autre enseignement, c’était la priorité pour les habitants de respecter les délais que l’État s’est lui-même fixés dans un chantier qui est une course contre-la-montre », expose Nathalie Anton, présidente du comité d’intérêt de quartier (CIQ).
L’État, qui a confié les travaux à l’Ademe (Agence de la transition écologique missionnée pour sécuriser 20 dépôts de scories – ces résidus de minerais et de plomb – sur les 77 présents dans les calanques) a prié les ouvriers de commencer dès 6h, alors qu’ils débutaient jusqu’ici leur journée à 7h30.
La première phase du chantier doit prendre fin le 31 mars prochain, avant une seconde phase du 15 septembre au 31 mars 2027. / Photo Philippe Laurenson
« Pour la première phase du chantier, 2 500 tonnes de terres sont aspirées avant d’être déposées dans des camions en partance pour un site de stockage de déchets dangereux (ISDD) dans le Gard », détaille Jérémy Durand, chef de projet d’Antea Group, maître d’œuvre. Sur le plan sanitaire, les habitants du littoral sud « reçoivent chaque semaine des relevés et notent parfois des seuils de pollution dépassés ».
Les associations environnementales (ASLS, FARE Sud et UCL) souhaitent donc « durant la durée du chantier, une veille sanitaire par Santé publique France ou l’Agence régionale de santé pour détecter les possibles impacts des métaux lourds sur les habitants ». Cette demande, faite avec les CIQ Saména, Callelongue, les Goudes et l’Escalette, « est en cours d’examen » à la préfecture, renseigne le président de l’association Santé littoral sud, Roland Dadéna.