Le spectacle Authentique de l’humoriste Ary Abittan s’est finalement bien tenu ce samedi 10 janvier à la Bourse du Travail de Lyon, sous haute surveillance. En amont de la représentation, vers 18h30, entre 100 et 150 personnes se sont rassemblées place Guichard (Lyon 3) à l’appel du collectif féministe Nous Toutes et de la CGT, afin de dénoncer le maintien de ce spectacle.

Depuis plusieurs mois, le collectif réclame la déprogrammation de l’artiste, mis en cause dans une affaire de violences sexuelles, bien que la justice ait prononcé un non-lieu (ce qui signifie l’abandon des poursuites judiciaires). Les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une banalisation des violences faites aux femmes. Un important dispositif de sécurité a été déployé afin de mettre en place un cordon de sécurité pour empêcher toute intrusion dans le bâtiment pendant la représentation.

Sur place, les manifestants scandent  : « Même si Brigitte ne veut pas, nous on est là ! ». « Honte à vous, vous êtes complices », un message qui s’adresse aux spectateurs et aux organisateurs de l’événement. 

« Pas de violeurs dans nos salles de spectacle »

Initialement prévu en novembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, le spectacle avait été reporté à ce samedi. Le collectif Nous Toutes martèle le message : « Pas de violeurs dans nos salles de spectacle », rappelant que, selon le collectif, la parole des victimes doit être « soutenue, crue et protégée ».

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour du retour sur scène d’Ary Abittan. Récemment, sa présence aux côtés de Brigitte Macron lors d’un événement public a ravivé les critiques de certains collectifs féministes, qui y ont vu un signal symbolique de soutien, relançant le débat sur la place accordée aux artistes mis en cause dans des affaires de violences sexuelles. Les militantes font référence aux propos « sales connes » tenus par Brigitte Macron, il y a un mois en coulisses du spectacle d’Ary Abittan aux Folies Bergère, à Paris.

De son côté, Ary Abittan continue de se défendre. Au micro de RJC, il a déclaré : « La justice a fait son travail et moi je veux reprendre le mien ».