Mené 22-0 jusqu’à la 51e minute de la rencontre, le Stade français a renversé Exeter, s’imposant même avec le bonus offensif (27-25). Un succès, acquis en grande partie grâce à l’apport des remplaçants comme Léo Barré, Baptiste Pesenti, Giorgi Melikidze ou encore Julien Delbouis, synonyme de qualification pour les huitièmes de finale de la compétition. Pour le plus grand bonheur de Morgan Parra, entraîneur en charge de l’attaque.
Comment expliquez-vous les deux visages diamétralement opposés de votre équipe entre la première et la seconde période ?
Nous avons été un peu timides au début, pas assez entreprenants. On savait qu’Exeter était venu avec une grosse équipe. Les Anglais avaient affiché leurs ambitions, ils voulaient gagner. Après il y a des choses qui ne s’expliquent pas. En conquête, nous avons été moins bien que d’habitude. Nous avons perdu beaucoup trop de ballons en touche, nous n’avons pas gagné les duels aériens. Sur ce secteur, on n’a vraiment pas été à la hauteur. Résultat : on n’a pas eu la maîtrise du ballon. Quand on l’a eu, on n’a pas su enchaîner des séquences parce qu’on n’a pas gagné les collisions et on s’est trop vite séparé du ballon. Il a donc fallu rectifier rapidement.
Que vous êtes-vous dit à 22-0 pour Exeter à la 50e minute de la rencontre ?
Je me dis que ce n’était pas fini. À 22-0, je savais que c’était encore jouable. Je savais que nous avions un banc très costaud. On a donc essayé d’apporter du sang neuf, même si nous n’avions pas prévu de coacher si tôt. Pour nous, dans la gestion de l’effectif, c’était prendre un risque mais cela nous a permis de gagner le match
Pourquoi est-ce un risque ?
Contrairement au Top 14, les joueurs sortis ne peuvent plus revenir en jeu. Mais bon, l’apport du banc nous a fait beaucoup de bien. Chaque mec a joué sa partie et apporté du dynamisme. On a commencé à gagner les collisions et à avancer. Forcément, après c’est plus facile de jouer.
L’entrée de Léo Barré à l’ouverture semble avoir été déterminante. Vous confirmez ?
Tout le monde connaît les qualités de Léo. C’est quelqu’un qui aime jouer au ballon, qui voit les choses beaucoup plus vite. Surtout, il est entré en jeu à un moment où nous sommes menés 22-0, il fallait bien tenter des choses. Il a su le faire. Mais il n’y a pas que lui…
Qui d’autre ?
Baptiste Pesenti, par exemple, a apporté beaucoup d’agressivité et de densité. On ne l’a pas découvert aujourd’hui. C’est ce qu’il fait quand il est titulaire. Tout comme les autres remplaçants entrés en jeu aujourd’hui. Quand les mecs sont remplaçants, on leur demande d’apporter cette fraîcheur, cette dynamique. C’est ce qu’ils ont fait.
Tani Vili a déclaré encore une fois la semaine dernière que le club s’était fixé pour objectif de remporter la Challenge Cup. La qualification est acquise. Comment allez-vous gérer le prochain déplacement en Ulster ?
Je ne sais pas encore, je ne me suis pas encore projeté. Jusque-là, nous avons toujours aligné des équipes compétitives avec des jeunes joueurs ou d’autres en manque de temps de jeu. C’est ce qu’on a fait contre les Cheetahs lors de la deuxième journée. Aujourd’hui, on avait mis un peu plus de cadres parce que c’était Exeter, un gros du championnat anglais. On va devoir aussi manager notre groupe car après le match en Ulster, deux déplacements en Top 14 nous attendent. Certains joueurs ont besoin d’enchaîner, d’autres d’avoir du temps de jeu. On va en parler avec Paul (Gustard). Mais la satisfaction d’être qualifié est grande.
Même si tout n’a pas été parfait, comment jugez-vous le caractère de votre équipe ?
Cette équipe a vraiment du caractère. Mais c’est toujours un sujet fragile C’est très fragile. Il faut le garder. Après, je ne peux pas parler à la place des joueurs. Sans doute qu’au fond d’eux, ils n’ont pas envie de revivre les galères de la saison dernière. Aujourd’hui, tout va bien. Surtout, nous n’avons pas trop de blessés.