Sorti en 1990, Rust in Peace de Megadeth est considéré comme un jalon majeur du thrash metal. Plus de trente ans plus tard, cet album reste une référence incontournable, alors que le groupe s’apprête à publier son ultime album, attendu le 23 janvier 2026.

Un modèle de technicité et d’équilibre

Dès les premières secondes de Holy Wars…The Punishment Due, Megadeth impose une intensité saisissante. Riffs acérés, structures complexes et solos fulgurants s’enchaînent sans relâche. L’arrivée du guitariste Marty Friedman marque un tournant dans l’histoire du groupe. Sa complémentarité avec Dave Mustaine offre certains des duels de guitares les plus marquants du genre.

Hangar 18, Take No Prisoners et Five Magics illustrent parfaitement cette symbiose. Le jeu de Friedman, tantôt mélodique, tantôt tranchant, sublime les compositions. Son solo sur Tornado of Souls, souvent cité comme l’un des meilleurs de l’histoire du metal, témoigne d’une virtuosité rare.

Un équilibre fragile mais mémorable

Si la voix de Mustaine divise, son timbre nasillard s’accorde avec l’intensité des titres. Sur Tornado of Souls ou Holy Wars, il livre des interprétations habitées, portées par une tension palpable. L’album conserve cependant quelques faiblesses. Le court Dawn Patrol, centré sur la basse, peine à convaincre.

Rust in Peace incarne pourtant ce moment rare où l’énergie brute du thrash rencontre la précision technique sans sombrer dans l’excès. Il reste à ce jour l’œuvre la plus aboutie de Megadeth. Alors que le groupe s’apprête à clore définitivement son parcours discographique, difficile d’imaginer qu’un nouvel album, même très attendu, puisse égaler l’impact de ce classique.