« Le déblocage du site est indispensable pour permettre le réapprovisionnement des stations-service de la région, le fonctionnement de l’économie locale, l’activité des entreprises, la vie quotidienne des habitants ainsi que l’intervention des services d’urgence et de secours », justifie la préfecture dans un communiqué. Il évoque « une importante opération de déblocage » qui ne dit rien de la résistance opposée par les manifestants face au Groupement de gendarmerie départementale de la Gironde, à la direction interdépartementale de la police nationale, et aux CRS.

Les forces de l’ordre ont fait usage des gaz lacrymogènes à deux reprises pour déloger les agriculteurs.
Thierry DAVID / SO
Sur place, une centaine d’agriculteurs installés sur un rond-point d’accès au DPA, une trentaine d’engins, tracteurs, remorques, des barrages de terre, de foin ou de bois. Certains d’entre eux reviennent juste de Paris, où ils ont participé aux manifestations d’agriculteurs dans la capitale. « Je rentre juste, je suis un peu fatigué, j’ai passé seize heures au volant », s’excuse presque l’un d’eux, tout juste revenu de la capitale au volant de son tracteur, à 40 km/h de moyenne. Ils sont accueillis en quasi-héros par ceux qui sont restés en Gironde.
« Vous devriez avoir honte ! »
Vers la fin de la matinée, les forces de l’ordre encerclent plus fermement le rond-point, un énorme blindé Centaure de la gendarmerie essaie de briser une barricade. Les esprits s’échauffent, les agriculteurs répliquent avec un tracteur en opposition. Puis ils chargent à pied les forces de l’ordre, une échauffourée se produit, pendant que Jean-Paul Ayres, secrétaire de la CR33, est au téléphone avec le directeur de cabinet du préfet, implorant que les forces de l’ordre ne chargent pas. Peine perdue. Côté manifestants, plusieurs enfants sont présents. L’opération a donné lieu à une interpellation pour « entrave », indique la préfecture de Gironde. Aucune manifestant n’a été placé en garde à vue.
Un face-à-face parfois tendu s’installe, « vous devriez avoir honte ! », lancent les manifestants aux CRS, en cordon à quelques mètres. « On défend le dernier pilier de l’économie française », s’indigne un autre. De la dermatose nodulaire bovine, cette maladie très contagieuse ayant entraîné des abattages de troupeaux, d’où la contestation est partie avant Noël, il n’est plus question : c’est toute l’agriculture que les manifestants défendent sur le rond-point de Bassens.