Les tumeurs malignes qui se développent dans la région cervico-faciale représentent aujourd’hui le cinquième type de cancer le plus diagnostiqué dans l’Hexagone. Cette pathologie englobe les lésions des lèvres, de la cavité buccale, des fosses nasales, des glandes salivaires et de l’ensemble du pharynx.

Face à une augmentation préoccupante des diagnostics tardifs, notamment dans les Hauts-de-France, les spécialistes du centre Oscar Lambret ont lancé une vaste campagne de sensibilisation. Cette institution soigne annuellement près de 700 nouveaux patients atteints de tumeurs cervico-faciales et réalise plus de 2 200 hospitalisations dans ce domaine.

Des manifestations trompeuses qui persistent

La difficulté majeure avec ces pathologies réside dans leur présentation clinique banale. Les personnes touchées éprouvent des désagréments qui évoquent spontanément un refroidissement saisonnier ou une infection virale passagère. Une douleur dans la bouche, une gêne dentaire inexpliquée ou un inconfort pharyngé peuvent sembler sans gravité. La voix qui devient rauque, une difficulté progressive lors de la déglutition ou même une simple sensation de corps étranger dans le cou constituent pourtant des alertes sérieuses.

Le cancer de la gorge est appelé en médecine cancer des voies aérodigestives supérieures. © LUM3N, Pixabay

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Selon le docteur Maria Lesnik, chirurgienne à l’Institut Curie, ces manifestations touchent effectivement la plupart des Français plusieurs fois annuellement. La population les associe naturellement à des pathologies respiratoires bénignes. Les saignements minimes dans la salive ou quelques traces sanguines lors du brossage dentaire s’ajoutent à ces symptômes trompeurs.


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La règle temporelle à retenir absolument

Un critère de durée permet néanmoins de distinguer les affections passagères des situations nécessitant une investigation approfondie. La docteure Sophie El Bedoui, coordinatrice du comité ORL au centre Oscar Lambret, insiste sur ce qu’elle nomme la règle des « 1 pour 3 ». Lorsqu’une seule de ces manifestations persiste au-delà de trois semaines, une consultation médicale devient impérative.

Les cancers buccaux touchent près de 7000 Français par an. © PublicDomainPictures, Pixabay 

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Les manifestations qui doivent éveiller la vigilance comprennent :

  • Des douleurs buccopharyngées ou dentaires inexpliquées.
  • Une modification vocale ou un enrouement persistant.
  • Une dysphagie ou un simple inconfort lors de l’alimentation.
  • L’apparition d’une masse cervicale ou d’une tuméfaction.
  • Des traces sanguines répétées dans la salive.

Cette vigilance temporelle s’avère cruciale. Les tumeurs détectées précocement, lorsqu’elles demeurent de petite taille et localisées, offrent des perspectives thérapeutiques nettement supérieures. Le pronostic dépend directement de la rapidité du diagnostic.

Les origines identifiées de ces pathologies

Trois quarts des cas trouvent leur origine dans la consommation conjointe de tabac et d’alcool. Même une exposition limitée au tabagisme augmente significativement les risques. L’association des deux substances multiplie par sept la probabilité de développer une tumeur maligne des voies aérodigestives supérieures. Cette synergie toxique explique la prévalence élevée observée dans certaines populations.

Le papillomavirus humain représente désormais une cause émergente, particulièrement pour les atteintes amygdaliennes et linguales postérieures. L’exposition professionnelle prolongée aux poussières industrielles et aux vapeurs toxiques constitue également un facteur reconnu. Ces éléments permettent d’identifier les personnes particulièrement vulnérables nécessitant une surveillance accrue.

La détection précoce demeure l’arme la plus efficace contre ces pathologies potentiellement graves.