Le chanteur âgé aujourd’hui de 47 ans était l’invité d’Isabelle Ithurburu dans le portrait de «50’Inside». Il est revenu sur sa descente aux enfers, alors même qu’il était au sommet de sa carrière.
Une conviction depuis son enfance. Faudel Belloua, connu sous son nom de scène Faudel, est devenu, en 1997, « le Petit prince du raï ». Et si la carrière du chanteur promettait de grandir davantage, en partie grâce à son titre Tellement N’Brick et Mon pays et ses essais en tant qu’acteur, il a finalement été stoppé plus vite que prévu.
Alors qu’il est au sommet de sa carrière, Faudel prend le parti de soutenir un homme politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2007 : Nicolas Sarkozy. «Ça va changer complètement votre vie», pointe du doigt Isabelle Ithubruru dans le portrait de la semaine de «50’Inside». «Moi je croyais en une phrase, c’était : “L’égalité des chances”. C’était un séducteur, Sarkozy. J’avais envie de donner et d’exporter un modèle, mon expérience avec les gens de ma “communauté”, d’où je viens – Mantes-la-Joly- et des quartiers, comme quoi c’était possible», se justifie-t-il, près de 20 ans plus tard.
Après sept ans de silence, Faudel sur le retour avec l’aide du compositeur de Lady Gaga
Pourtant, ce soutien apporté à l’homme politique lui coûte cher. «Mes fans le vivent comme une trahison. C’est comme si je les avais trahis, ils se demandaient ce que je faisais là. Et c’est vrai, en fait», avoue Faudel avant de se remémorer une apparition médiatique suivant sa prise de position, particulièrement difficile à vivre. Lors de la soirée de la fête de la Musique en 2007, pour la première fois de sa carrière, le chanteur se fait siffler par une partie du public.
«J’avais assisté à des artistes qui se faisaient huer mais je ne l’avais jamais vécu de ma vie. Et en pleine fête de la musique, une fête populaire, où j’avais l’habitude à chaque fois de réussir mon spectacle ou mes apparitions, je l’ai mal pris… Mais je les comprends», reconnaît-il avec du recul, le sourire aux lèvres. Et d’ajouter : «J’ai compris mon public. Quand j’ai posé le micro et que je suis sorti de scène, là je me suis dit : “ça va être chaud, Faudel”. Et là ça a commencé. Là c’était difficile.»
Encore ému par cette situation deux décennies plus tard, le chanteur revient sur sa décision de quitter la scène trois ans après, en 2011. «La batterie était vidée, je n’avais même pas 1%. Et on se retrouve seul, on se pose et après c’est la loi des séries. Je me suis demandé par où j’allais commencer dans la reconstruction. Et heureusement, je me suis dit qu’il fallait que je continue. Que c’était un épisode dans ma vie mais qu’il n’y avait pas que ça», déclare-t-il aujourd’hui face caméra. Le chanteur est d’ailleurs de retour sur la scène musicale avec la tournée des années 2000 intitulée I Gotta Feeling, fin janvier.