Les États-Unis “interviendraient” si les autorités iraniennes “commençaient à tuer des Iraniens pendant les manifestations actuelles dans le pays”, c’est ce qu’a révélé hier, vendredi le président américain Donald Trump aux journalistes quant à la situation en Iran. Il a précisé que les USA ne déploieraient pas pour autant de troupes terrestres mais “frapperaient très, très fort là où ça fait mal”.

Il faut dire qu’il ne s’agit pas de la toute première menace. Trump et bon nombre de hauts responsables américains n’ont pas cessé d’avertir que Washington interviendrait contre l’Iran si on venait à “tuer des manifestants pacifiques”. Et en guise de riposte, le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné ce qu’il a qualifié de “remarques interventionnistes et trompeuses” de l’administration Trump au sujet des manifestations.

Les dires du responsable iranien corroborent moult réflexions faites par des observateurs avisés de différentes nationalités. Ces derniers s’accordent à dire que les manifestations qui se sont déclenchées en décembre 2025 dans plusieurs villes iraniennes sont certes légitimes tant elles contestent la forte chute du rial et les difficultés économiques persistantes, mais ça n’est que la face apparente de l’iceberg. Ils laissent entendre que des mains étrangères auraient joué un rôle crucial pour envenimer la situation.

Plan caché ?

Aujourd’hui, des médias sur place évoquent le décès de dizaines de personnes, dont des manifestants et des membres des forces de sécurité. Qui assume la responsabilité de ces tueries ? Les uns accusent le régime iranien dit “répressif” d’avoir du sang sur les mains. Les autres pointent du doigt des “vendus” qui chercheraient à mettre de l’huile sur le feu. Et entre les uns et les autres, certains semblent persuadés que depuis la chute du rial et jusqu’aux “meurtres” des manifestants, un plan américain bien ficelé se cacherait derrière…

Des questions se posent alors d’elles-mêmes : Est-ce que l’Iran risque vraiment d’être frappé par l’administration Trump ou s’agit-il de menaces sans conséquences ? Des mains manipulatrices auraient-elles tiré les ficelles pour encenser le climat protestataire en Iran ? Et à quel scénario doit-on s’attendre dans la région dans les jours à venir ? C’est à ce propos que Lapresse.tn a interrogé M. Jemai Guesmi, chercheur et analyste.

Irrévocable !

Notre interlocuteur a d’emblée laissé entendre que la frappe américaine contre l’Iran est irrévocable. “Ce n’est qu’une question de temps”, nous a-t-il dit. Et d’ajouter que les menaces de Trump s’inscrivent sous l’enseigne “d’une politique de force et d’arrogance jamais enregistrée dans l’histoire de l’humanité par le passé”.

Et notre interlocuteur d’indiquer que “la mentalité toute aussi tyrannique qu’expansionniste et hégémonique de l’administration Trump ne peut que confirmer la mise en place d’un plan préétabli pour abattre l’Iran afin de mettre la main sur ses richesses énergétiques et pétrolières”. Selon l’analyste, même si les manifestations sont tout à fait légitimes, plusieurs indices confirment que les premières étincelles ont été “fabriquées dans les laboratoires de la sacrosainte démocratie américaine conformément aux normes de domination et de suprématie”.

Et de noter que tout laisse à croire qu’on a veillé à affaiblir l’Iran au niveau interne pour monter le peuple iranien contre le régime en place et par ricochet, légitimer une offensive contre le pays des perses. Et pour cause, explique M. Guesmi : avoir la mainmise sur les richesses énergétiques du pays.

La prochaine guerre est énergétique

“L’axe des guerres qui vont se déclencher un peu partout dans un futur proche est essentiellement énergétique. C’est ce qui a été derrière les évènements de Venezuela et c’est cette même raison qui met l’Iran dans le collimateur américain. D’ailleurs, et sans vouloir se montrer alarmiste, je crains que toute la région du Golfe et du Moyen Orient soit mise sous haute tension.

Parce que je pense qu’avant de s’attaquer à l’Iran, l’alliance israélo-américaine va d’abord veiller à anéantir ce qui reste de Hezbollah au Liban et en Iraq pour s’assurer que l’entité sioniste sera bien à l’abri des représailles une fois l’Iran attaqué. Et on ne s’avisera pas à envoyer des troupes terrestres mais, à mon sens, l’Iran sera attaqué par voie aérienne et maritime. Je pense qu’on va viser l’infrastructure stratégique pour anéantir tous les fondements du pays”, prévoit l’analyste.

Est-ce que l’Iran risque de riposter à son tour ? Le spécialiste pense que conformément à la doctrine militaire perse qui croit que la meilleure défense est l’attaque, une frappe préventive n’est pas à écarter. “Le régime iranien s’était déjà attaqué aux bases militaires à Qatar en guise de riposte. Je n’écarte pas des opérations similaires dans les pays voisins où ils viseront les régions ayant un intérêt commun avec les USA et avec Israël. Mais il ne s’agirait hélas que d’une danse du coq égorgé…”, a-t-il conclu.

Guerres, tensions, menaces et instabilité risquent de dépeindre les jours à venir. Un avenir difficile attend l’humanité où l’avidité semble être l’unique moteur qui mobilise les forces mondiales …