Par
Antoine Blanchet
Publié le
11 janv. 2026 à 7h18
Cocaïne contre pâte à sucre. Ce lundi 12 janvier 2026 s’ouvre au tribunal correctionnel de Paris le procès de deux policiers de la brigade des stupéfiants de la police judiciaire de la capitale. Ce qu’on leur reproche : s’être servis dans les saisies de cocaïne afin de la revendre. Les deux agents auraient aussi rédigé de faux procès verbaux pour couvrir leurs méfaits.
Une différence de taux de cocaïne
Toute cette affaie commence par une enquête. En juin 2021, une juge d’instruction investigue sur un trafic de cocaïne qui aurait pour lieu le Darknet. Un an auparavant, le cerveau présumé de ce lucratif et illégal business avait été interpellé. Un kilo de poudre blanche avait été saisi lors de la perquisition de son domicile. La drogue, sous forme de paquets, avait été placée sous scellés.
Mais voilà, lors d’une nouvelle analyse quelques mois plus tard, une drôle de surprise attend la magistrate. Le taux de cocaïne présent dans les sachets a considérablement diminué. Tout laisse penser qu’une substitution s’est produite avec… du plâtre ou encore de la pâte à sucre. La juge d’instruction alerte le procureur, qui saisit l’Inspection générale de la police nationale.
Plusde 9 kg de drogue dérobés
L’oeil des boeufs-carottes s’oriente très vite sur deux agents de la brigade des stupéfiants. Tous deux étaient présents lors des premières heures de garde à vue du trafiquant. Ils se nomment Thierry C. et Christophe J.. Deux agents décrits comme expérimentés et compétents par leurs collègues. Les deux hommes ont par ailleurs rédigé un procès-verbal de placement sous scellés.
La juge creuse et déterre de nouveaux sachets au goût de sucre. Dans huit autres affaires, souvent des mules interpellés Gare de Lyon ou Gare Montparnasse, la cocaïne a été substituée dans les scellés. À chaque fois, Christophe J. et Thierry C. ne sont pas loin. Au total, c’est plus de 9 kg de poudre blanche qui ont été dérobés. Soit une valeur d’environ 270 000 euros.
« Faire un bras d’honneur au système »
Le 12 décembre 2022, les deux policiers sont interpellés le 12 décembre 2022. Des perquisitions sont lancées à leurs domiciles, mais aucune trace de drogue. Les comptes bancaires et la téléphonie des deux agents restent muets. Interrogés par le juge d’instruction, les deux hommes reconnaissent toutefois les substitutions.
Thierry C. évoque comme cause une « absence d’avancement » et « une bascule au moment du confinement » au sein de la brigade de la PJ parisienne. Il aurait alors proposé à son collègue Christophe J. de « se payer sur la bête ». Le but : « faire un bras d’honneur au système ». Il expliquait alors avoir mis la drogue dans un sac d’enduit, dissimulé dans le faux plafond des toilettes des femmes. Au lieu de vendre la poudre onéreuse, il affirme avoir changé d’avis et d’avoir jeté les sachets dans les toilettes des femmes. La drogue n’a jamais été retrouvée. Les deux hommes avaient été mis en examen. Ils devront s’expliquer devant la justice.
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