Qualifiée de « baroque » en 2020, la campagne pour les élections municipales peine à décoller six ans plus tard. Tous les candidats ne sont pas encore déclarés et le maire sortant, dont le bilan est décrié par ses opposants, est donné largement favori dans les récents sondages.
À deux mois du premier tour, la campagne des élections municipales à Montpellier paraît bien terne. À l’instar du ciel ces derniers jours. Avec un maire sortant qui ne s’est toujours pas déclaré et des candidats putatifs en embuscade, on est loin de l’ambiance électrique qui régnait en janvier 2020. Le Covid n’avait pas encore fait parler de lui, les premiers cas déclarés à Montpellier ne l’ont été qu’à la fin février. L’après-Saurel était dans toutes les têtes et les couteaux aiguisés.
14 candidats au 1er tour en 2020
Le maire sortant, hospitalisé après une opération du genou, laissait planer le doute sur une nouvelle candidature tandis que la plupart des prétendants, eux, étaient déjà dans la course. L’écologiste Clothilde Ollier, le milliardaire Mohed Altrad, le challenger Michaël Delafosse, l’insoumise Alenka Doulain, l’humoriste Rémi Gaillard, le Vert dissident Jean-Louis Roumégas, le Macroniste Patrick Vignal… Au total, ils seront quatorze à s’aligner sur la ligne de départ au premier tour.
Delafosse grand favori des sondages
Six ans plus tard, la donne est totalement différente. Michaël Delafosse, qui devrait officialiser sa position sous peu, affiche une avance insolente sur ses concurrents dans les sondages. Le dernier en date, commandé à Harris Interactive par le Printemps montpelliérain, le crédite de 38 % des intentions de vote. Un résultat qui confirme le précédent sondage Ifop Métropolitain dans lequel il caracolait en tête avec 36 % des voix en novembre. De quoi décourager ses opposants ? Pas forcément.
La notaire Isabelle Perrein, partie la première en campagne il y a deux ans, poursuit son bonhomme de chemin sur le terrain comme dans la presse. À bord de sa permanence mobile ou devant les écoles, la candidate tente de combler son déficit de notoriété avec une détermination à toute épreuve. « Ni de droite ni de gauche », bien que soutenue par l’UDI, elle défend un projet pour la ville en cinq axes : « Plus sûre, plus propre, plus fluide, plus dynamique et à l’écoute de ses habitants ».
Serge Martin, déclaré candidat à la rentrée, a rallié le député Jean-Louis Roumégas en décembre. Ce dernier, crédité de 7 % des intentions de vote, a obtenu l’investiture d’EELV après avoir repris le contrôle de la fédération départementale. Ses collègues issus de la majorité municipale – Manu Reynaud, Marie Massart, Stéphane Jouault, Fatma Nakib ou Bruno Paternot – ont été soit exclus soit suspendus du parti. La dispute improbable autour d’un vélo-cargo entre Coralie Mantion et Marie Massart, en décembre, illustre bien la rupture idéologique entre les deux camps. Un divorce qui fait écho à celui de 2020. Donnée favorite dans un sondage commandé par son parti, Clothilde Ollier était débarquée par les instances nationales quelques jours plus tard. Un véritable séisme dans la campagne, symptomatique des dissidences internes chez les écologistes montpelliérains. Accusée d’être une écolo « pastèque » (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur), Clothilde Ollier paie alors sa proximité avec les Insoumis.
En 2026, la donne a changé. La tête de liste LFI Nathalie Oziol fait des appels du pied à Jean-Louis Roumégas qui se montre réservé. La question du CSR, que ses détracteurs considèrent comme un incinérateur à plastique et défendu par René Revol au sein de la métropole, fait figure de casus belli. Le candidat n’a pas l’intention de brader son ralliement. Quant à la cheffe de file de l’opposition pendant six ans, Alenka Doulain, elle fait campagne dans son coin, derrière le nom rassembleur de « Cause commune ».
Pas de candidat LR
Faute de candidat LR (Alex Larue s’était présenté avec cette étiquette en 2020), c’est sur le Rassemblement national que pourrait se porter l’électorat de droite. Thierry Tsagalos, crédité de 11 % dans le sondage Harris Interactive du Printemps montpelliérain, vient tout juste de déclarer sa candidature. Mohed Altrad, conforté par un sondage sollicité en octobre dernier, semble prêt à se jeter dans la course. Il multiplie les vidéos sur les réseaux sociaux le présentant à son avantage. Une réunion publique, jeudi 15 janvier, est prévue au Dièze en soirée. Sa candidature ne fait désormais guère de doute. Avec Patricia Mirallès à ses côtés ? Ce n’est pas exclu. Quant à Philippe Saurel, qu’une envie de retour aux affaires démange, il garde encore le suspense. L’enjeu, à présent, sera de réconcilier les électeurs agacés par l’instabilité gouvernementale depuis la dissolution, l’absence de vote du budget et l’incertitude à venir.