Lille – Lyon
Ce dimanche, 21 heures
Comment le LOSC va-t-il sortir de cette semaine sous tension ? Huit jours après avoir manqué sa rentrée lors de la réception de Rennes (défaite 2-0), Lille défie l’Olympique lyonnais en 16e de finale de la Coupe de France ce dimanche (21 heures). L’occasion pour les Dogues de rebondir après cet échec qui, associé aux nombreux incidents qui ont émaillé la réception des Bretons, leur a fait passer une sale semaine.
Ulcéré par le carton rouge infligé par Éric Wattellier au défenseur central Alexsandro dès la 13e minute samedi dernier, le président du club nordiste Olivier Létang a interpellé l’arbitre à la mi-temps, qualifiant sa décision de « honte », d’un « scandale ». L’entraîneur Bruno Genesio, lui, a dû être retenu par plusieurs joueurs alors qu’il se dirigeait vers l’officiel.
Après la défaite contre Rennes (2-0), l’entraîneur a même boycotté la traditionnelle conférence de presse, fait rarissime. Malgré plusieurs demandes des journalistes présents, aucun dirigeant n’a souhaité s’exprimer pour commenter les chants insultants des Dogues Virage Est (DVE, le principal groupe d’ultras, ndlr) parfois homophobes, envers l’arbitre, leurs rivaux lensois, mais aussi les journalistes à côté desquels ils avaient curieusement été déplacés, leur tribune étant fermée.
Une condamnation mesurée
Si le Losc a condamné « les propos et comportements inacceptables tenus par une petite partie du public présent », il n’a pas cité les DVE, ni qualifié les insultes d’homophobes dans un communiqué publié quatre jours après la rencontre, et n’a pas souhaité répondre aux questions concernant ces événements avant le match contre Lyon.
Mais Bruno Genesio a accepté de revenir sur son attitude, offrant aux quelques journalistes présents un mea culpa : « Il s’est passé des choses qui ont été condamnées, sur le terrain, en dehors du terrain. Je n’étais peut-être pas dans l’état psychologique de faire une conférence de presse comme j’aime les faire, en étant lucide, objectif et surtout pour ne pas aggraver mon cas. J’aurais pu peut-être dire des choses qui allaient dépasser ma pensée sur le moment (…). À chaud, on peut avoir du mal à se contrôler. Lorsqu’on revoit les images, on n’est jamais très fier de ce genre de comportement. »
Le Lyonnais de 59 ans est toutefois resté sur sa position, estimant que « M. Wattellier aurait pu prendre un peu plus de temps avant de sortir le carton rouge », et affirme qu’il faut un « dialogue » avec les arbitres.
Pas une première cette saison
Au-delà de ces considérations, l’attitude, souvent répréhensible cette saison, des dirigeants du Losc envers les arbitres, fait peser un climat lourd sur l’équipe, pourtant 4e de la Ligue 1 et toujours en course pour une qualification en 8e de finale de la Ligue Europa.
Olivier Létang a par exemple déjà été condamné par l’UEFA à une amende de 10 000 euros pour s’être plaint auprès de l’arbitre à la mi-temps de la défaite contre le PAOK. Déjà suspendu après des propos encore véhéments contre l’arbitrage du match contre Lyon, il pourrait être sanctionné, tout comme Bruno Genesio, par le Conseil national de l’éthique, qui s’est, selon L’Équipe, saisi du dossier.
Mais Genesio « ne pense pas » que ces coups de colère aient des conséquences sur son équipe, et « n’a pas l’impression (que Lille soit) focalisé beaucoup plus sur l’arbitrage que d’autres clubs ». En tribune, le match entre Lille et Rennes a en tout cas marqué un nouvel épisode dans ce feuilleton de comportements condamnables commis par les ultras de Lille, après les jets de projectiles contre des forces de l’ordre à Berne et les insultes racistes à Strasbourg. Le signe d’un club où, cette saison, règne la tension.