Comment est né ce projet de suivre le destin de ces cinq adolescents venus d’ailleurs pour construire une nouvelle vie à Marseille ?

Je suis marseillais. J’ai vécu quinze ans en Inde, où j’étais journaliste et producteur de reportages. Quand je suis revenu à Marseille, je me suis rendu compte que, lorsqu’on parlait de migration, on parlait presque toujours des problèmes. C’est évidemment important et nécessaire de parler des gens qui meurent en mer. Mais certains médias font parfois un amalgame limite entre immigration et délinquance par exemple. Or, quand je rencontrais ces adolescents, je voyais des gens qui essayaient d’apprendre une nouvelle langue, un métier, de tout faire pour écrire une nouvelle page de leur vie. Et j’avais l’impression que cela n’était pas ou peu raconté. Fin 2019, j’ai commencé à contacter des associations, des foyers qui prennent en charge ces Mineurs non accompagnés (MNA). Ils arrivent à Marseille seuls, sans leurs parents, et font tout pour trouver leur place. Ce sont eux qui travaillent dans les boulangeries, les restaurants, les Ehpad… Et ça, on ne le raconte quasiment jamais. J’ai trouvé important de montrer cette réalité, de déplacer le regard et d…