Embarquer tout Marseille avec lui sur le Vendée Globe 2028, c’est l’ambition de Pierre Le Roy, skipper âgé de 41 ans. Natif de Dijon et sans vraiment de port d’attache, il a choisi la cité phocéenne assez naturellement. « Une partie de mon équipe est basée à Marseille et on a rencontré des personnes qui nous ont donné envie de nous impliquer ici », explique ce météorologue de profession.
« C’était cohérent de monter et construire ce projet ensemble, avec les acteurs marseillais aussi bien publics que privés. Et après les Jeux olympiques, ça a vraiment du sens… Marseille est une ville maritime mais il reste beaucoup de choses à faire. L’idée est de donner envie aux gens de se tourner vers la mer, de découvrir ce sport à Marseille. »
Dans cette optique, plusieurs partenariats ont déjà été noués. Notamment avec l’école Nationale Supérieure Maritime et Aix-Marseille université, où conférences et différentes interventions permettront d’échanger avec les étudiants. « Je suis très sensible à ce que chacun ait dans la vie la chance de trouver sa place. Papa d’une petite fille handicapée de 10 ans, je suis admiratif des personnes qui l’aident à faire des progrès chaque jour… L’idée est d’ouvrir des portes dans l’imaginaire des gens pour qu’ils se disent pourquoi pas. J’ai besoin de réaliser mes rêves et envie que chacun puisse se réaliser en trouvant une place qui est faite pour lui. »
Son rêve à lui, c’est naviguer à travers mers et océans. Et c’est sur le tard qu’il a fini par larguer les amarres après avoir été le routeur en 2015, sur la Solitaire du Figaro, d’un certain Charlie Dalin, vainqueur du dernier Vendée Globe. « Il m’a fait tomber la barrière mentale. Petit, je traçais des traversées sur la mappemonde lumineuse de ma table de nuit. La graine avait été plantée mais, pendant des années, je n’ai pas su comment l’arroser. Là, je me suis rendu compte que ce n’était pas si difficile que ça. Il fallait juste se lancer. Alors que la plupart de mes copains achetaient une maison, j’ai alors acheté un bateau. »
« Je suis câblé pour la compétition »
C’était en 2017. Et quatre ans plus tard, il remportait la Mini Transat dans la catégorie des prototypes. « Je suis câblé pour la compétition, c’est ça qui me pousse », admet cet ingénieur qui a fait de ses dix années à Météo France un véritable atout en pleine mer. « Mon coach dit aussi que je suis une force tranquille, que j’ai un moral stable et arrive à garder la tête froide pour encaisser les différents aléas. »
Après quatre années sur le circuit Mini 6.50 conclues par une victoire sur les Sables – Les Açores – Les Sables en 2022, il prend le virage de l’Imoca. En tant que co-skipper de Benjamin Ferre sur la Transat Jacques-Vabre 2023 mais avec déjà dans un coin de sa tête le doux rêve de prendre un jour le départ de l’Everest des mers, tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance.
« Une course longue avec beaucoup de stratégie et éprouvante aussi bien physiquement que mentalement, c’est l’idéal pour moi. Cette course me fait rêver depuis tout petit et je suis très enthousiaste car c’est en mer où je me sens le plus épanoui. »
Tout près du but, il espère pouvoir acheter prochainement le bateau (à foils) qu’il souhaite à terme ramener à Marseille pour embarquer dans tous les sens du terme les Marseillais avec lui.