Quand un homme allemand perçoit en moyenne 27,05 euros brut de l’heure, une femme reçoit seulement 22,81 euros soit 4,24 euros de moins. L’écart s’est légèrement resserré ces dix dernières années ; il est passé de 22 à 16% mais il n’empêche que l’Allemagne figure en queue de peloton des pays de l’Union européenne. Elle se classe en 23e position sur 27, devant la Hongrie, la République tchèque, l’Autriche et la Lettonie. En France, selon l’Insee, les femmes gagnaient 14.2% de moins que les hommes, en 2023.
Principale raison de ce grand écart: le travail à temps partiel
Le travail à temps partiel est plus répandu chez les femmes et généralement moins bien rémunéré à l’heure. Le plus souvent, ce n’est pas un choix mais une obligation pour les femmes qui doivent garder les enfants car il manque des structures d’accueil comme les crèches. Ce travail à temps partiel, il va peser tout au long de la carrière des femmes explique Katharina Wrohlich, professeure de finances publiques et directrice du département « Economie du genre » à l’institut DIW de Berlin. « En général en Allemagne, les femmes prennent de longs congés pour s’occuper de leur famille. Et ensuite, elles vont souvent rester à temps partiel, jusqu’à la retraite. A temps partiel, on ne bénéficie d’aucune augmentation salariale et on n’obtient pas de promotion. Contrairement aux hommes entre 30 et 50 ans. Donc une femme de 50 ans percevra en moyenne le même salaire horaire qu’à l’âge de 30 ans ».
Si on considère un homme et une femme qui ont exactement le même profil, poste équivalent, qualification identique et expérience professionnelle comparable, alors la différence de salaire tombe à 6%. On appelle cela l’écart salarial ajusté.
Certaines entreprises pratiquent l’égalité salariale
A travail égal, salaire égal. Quel que soit le sexe. Voici le credo de plusieurs employeurs qui s’engagent en faveur de l’égalité salariale. Chez l’équipementier sportif Puma, l’écart ne doit pas dépasser 1%. BMW applique de son côté l’équité dans toutes ses entreprises, à travers le monde. Parmi les bons élèves également, Beiersdorf (Nivea, Labello…), le groupe Lidl et l’opéra de Leipzig. Il compte 754 salariés, 50% d’hommes, 50% de femmes. « Nous voulons que l’opéra de Leipzig soit un employeur attractif et cela passe bien sûr par l’égalité salariale » explique son directeur Tobias Wolff. « C’est important aussi pour attirer de la main d’œuvre… Car il y a une pénurie massive dans de nombreux domaines et un meilleur salaire contribue à faire la différence. Ce n’est plus comme il y a 20 ou 30 ans, quand les gens se battaient pour travailler dans un théâtre, quel qu’il soit ».
Pour gommer les inégalités, une nouvelle directive européenne va entrer en vigueur d’ici l’été prochain… Les entreprises seront contraintes d’être plus transparentes et de justifier les écarts de salaires.