Le ton monte entre l’Iran et les États-Unis. Après que Donald Trump a menacé de frapper « très fort » le régime iranien en cas de répression des manifestants qui se réunissent quotidiennement dans tout le pays pour protester contre le régime depuis fin décembre, le président du Parlement a répondu au président américain.

En cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront nos cibles légitimes », a déclaré Mohamad Bagher Ghalibaf, dimanche 11 janvier, selon des propos rapportés par la télévision d’État. Il semble faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.

Cette mise en garde intervient après que le président américain Donald Trump a réaffirmé que Washington était prêt à intervenir pour protéger les manifestants pacifiques. « L’Iran envisage la LIBERTÉ, peut-être comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à l’aider !!! », a écrit samedi Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Selon le magazine allemand Der Spiegel, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont discuté lors d’un appel téléphonique samedi de la possibilité d’une intervention américaine en Iran.

Le Wall Street Journal rapporte de son côté que l’administration américaine a entamé des réflexions sur d’éventuelles frappes militaires contre l’Iran. Selon le quotidien, plusieurs scénarios sont sur la table, notamment celui d’une frappe visant des installations militaires. Mais les sources du journal soulignent sur l’absence de consensus sur la stratégie à adopter.

Côté israélien, une source officielle militaire a fait savoir que l’armée se tenait prête à agir défensivement, et qu’elle sera en capacité de répondre avec force si nécessaire.

Le bilan s’alourdit à 116 morts alors que la coupure de l’internet dépasse les 60 heures

Des Iraniens manifestent depuis le 28 décembre à travers tout le pays, malgré la répression du régime théocratique. Cette répression de la contestation, partie d’une mouvement lié au coût de la vie, a fait au moins 116 morts selon l’organisation basée aux États-Unis Human Rights Activists, jugée fiable par l’agence Associated Press.

Toutefois, les militants avertissent que ce chiffre pourrait être bien plus élevé. Depuis la nuit de jeudi à vendredi, une coupure quasi totale d’internet est imposée par Téhéran. Cette coupure limite la circulation de l’information.

« La mesure de censure représente une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens à un moment clé pour l’avenir du pays », a déclaré l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks sur X, ajoutant que la coupure avait « dépassé la barre des 60 heures ».

Les groupes de défense des droits de l’homme ont exprimé leur inquiétude face à cette coupure et ont prévenu qu’un « massacre » des manifestants était en cours.

« La coupure totale d’Internet et des communications en Iran est extrêmement alarmante : le régime procède généralement ainsi en préambule au massacre des manifestants. En 2019, lorsque des manifestations ont éclaté dans tout le pays, les autorités iraniennes ont complètement coupé Internet et ont ensuite tué plus de 1 000 manifestants », a écrit le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI) dans un communiqué.

Près de 600 manifestations ont été décomptée à travers tout le pays, alors que le mouvement gagne en intensité depuis trois jours. Selon Human Rights Activists, au moins 2 600 personnes ont déjà été arrêtées. Le chef de la police nationale iranienne a confirmé dimanche l’arrestation de figures clés de la contestation, sans donner de détails sur le nombre ou l’identité des personnes arrêtées.

Ce dimanche, le président iranien Massoud Pezeshkian a pris la parole pour la première fois après trois nuits de manifestations intensifiées contre les autorités.

« Le peuple [iranien] ne devrait pas permettre aux émeutiers de déstabiliser la société. Le peuple devrait avoir confiance en [la] volonté [du gouvernement] d’instaurer la justice », a-t-il déclaré, dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision publique IRIB.