Il est des victoires qui marquent un parcours politique. Il est des succès qui forgent une carrière. S’il ne fallait citer qu’un exemple d’élections municipales en Seine-Maritime, beaucoup évoqueraient celle d’Antoine Rufenacht en 1995 à la mairie du Havre. Le président de la Région Haute-Normandie qu’il était alors mettait fin cette année-là à 30 ans de domination communiste sur la ville. Comme un symbole, au même moment, Rouen passait à gauche après des décennies de centrisme avec le socialiste Yvon Robert.
1989, Frédérique Bredin prend Fécamp
Six ans plus tôt, en pays de Caux, une autre municipale fait sensation. Elue députée un an plus tôt en damnant le pion au très implanté Charles Revet, l’énarque, venue tout droit du cabinet de Jack Lang au ministère de la Culture renverse Jean-Pierre Deneuve, le protégé de l’incontournable édile rouennais Jean Lecanuet. Dans les coulisses de ce triomphe, un jeune militant, à peine sorti du lycée Maupassant, fait ses premières armes en politique. Il s’agit de l’actuel maire de Barentin Christophe Bouillon. « J’ai croisé Frédérique Bredin pour la première fois à la sortie de l’établissement. Elle était avec Laurent Fabius et distribuait pour les législatives. Je n’étais pas engagé à l’époque mais j’avais un copain qui était aux Jeunesses socialistes. C’est comme ça que…