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Rédaction de Toulouse

Publié le

11 janv. 2026 à 17h20

Géraud de Lavedan s’est spécialisé depuis quelques années dans le traitement des dossiers criminels au temps des capitouls. Auteur d’une quarantaine de chroniques sur le sujet sur le site des Archives municipales entre 2016 et 2019, l’archiviste vient de faire paraître Dans les bas-fonds de Toulouse. La justice des capitouls – XVIIe-XVIIIe siècles -, plus précisément entre 1670 et 1790. « Les archives médiévales n’ont malheureusement pas été conservées. Notre exploration de la machinerie judiciaire commence concomitamment à l’enregistrement par le Parlement de Paris de la Grande ordonnance criminelle dite de 1670, restée en vigueur jusqu’à son abrogation par l’Assemblée constituante le 9 octobre 1789 » rappelle Géraud de Lavedan.

La figure du bourreau

L’ouvrage, volontairement accessible à tous, revient d’abord sur la figure emblématique du bourreau ou « exécuteur des hautes œuvres », autrement dit celui chargé de l’exécution des sentences judiciaires (bannissement, châtiments corporels, torture, mise à mort…).

Officier de l’hôtel de ville, il reçoit des gages annuels, une allocation pour la confection de sa tenue, auxquels s’ajoutent d’autres avantages comme le droit de havage, c’est-à-dire celui de prendre des grains et denrées vendus au marché, ainsi que la disposition d’un logement.

« Malgré tout, le recrutement peut s’avérer parfois difficile. On fait appel, à plusieurs reprises, au bourreau de Lavaur ou de Rieux. En 1663, on pousse même les recherches jusqu’à Castelnaudary ».

Flétrissure, « asinade » et fourches patibulaires

À Toulouse comme ailleurs dans le royaume, on marque certains condamnés d’une fleur de lys sur l’épaule droite. La pratique évolue à partir de 1724 où l’infamie est matérialisée par un jeu de lettres : V pour les voleurs, W pour les récidivistes et GAL pour ceux assignés aux galères. Les accusés sont également fouettés puis exposés au carcan.

Si les hommes peuvent être punis de bannissement, les femmes sont généralement enfermées au quartier de force à l’hôpital Saint-Joseph de la Grave. Les mères maquerelles connaissent le châtiment du « gabio », une cage dans laquelle on les immerge par trois fois dans la Garonne, puis à partir de 1760, celui de « l’asinade », où elles sont juchées à l’envers sur un âne et coiffées d’un chapeau de paille garni de grelots et de plumes, sous les huées du public.

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Les exécutions publiques, place Saint-Georges

Quant aux exécutions publiques, elles se déroulement le plus souvent place Saint-Georges. Le martyr le plus connu demeure le protestant Jean Calas, rompu vif, étranglé puis brûlé, en mars 1762 pour l’assassinat présumé de son fils.

Les fourches patibulaires, gibets composés de deux colonnes de pierre et d’une poutre en bois horizontale, présentes au sud de la ville, du côté de Saint-Roch, et au nord à la barrière de Paris, dans un espace compris entre les actuels boulevards Pierre-et-Marie-Curie et avenue de Fronton, sont conçues pour exposer les cadavres à la vue de tous et dissuader les éventuels malfaiteurs.

Mathieu ARNAL

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