l’essentiel
Voilà plusieurs semaines que les infrastructures énergétiques ukrainiennes sont visées par les forces armées russes. Près d’un million d’Ukrainiens étaient privés de solutions de chauffage en cette fin de semaine, alors que le thermomètre affichait – 15 °C par endroits.
Les forces armées russes frappent là où ça fait mal… Voilà plusieurs semaines que la Russie cible obstinément les infrastructures énergétiques ukrainiennes, alors que le territoire ukrainien est en proie à une vague de froid glacial : des températures allant jusqu’à – 15 °C ont été recensées par endroits. « Pas un seul jour ne s’est écoulé cette semaine sans attaques contre des installations énergétiques et des infrastructures critiques. Au total, 44 attaques ont été recensées », a déclaré Yulia Svyrydenko, Première ministre ukrainienne, ce dimanche 11 janvier.
Selon nos confrères britanniques de The Independent, pas moins d’un million d’Ukrainiens luttent contre le manque de chauffage et d’eau après les attaques russes. La Dépêche du Midi fait le point.
Kiev et l’oblast de Zaporijia touchés
En fin de semaine, des bombardements ont fait au moins quatre morts et privé de chauffage la moitié des immeubles résidentiels de la capitale ukrainienne. En effet, la Russie aurait endommagé les installations de production et de distribution de chaleur à Kiev et dans ses environs. Ces frappes ont poussé le maire de la ville, Vitaly Klitschko, à appeler vendredi la population à évacuer « temporairement ». Près de 6 000 bâtiments étaient alors « privés de chauffage », s’était alarmé l’édile. Ce dimanche soir, ce sont près de 1 000 bâtiments qui restent privés de chauffage selon le Kyiv Independent. « La situation de l’approvisionnement énergétique dans la capitale demeure très difficile », a commenté le maire, Vitaly Klitschko, ce dimanche.
Blackout in Kyiv. Our capital, a multimillion‑person metropolis, has been plunged into darkness amidst the freezing cold. It is a humanitarian disaster caused by russia.
\ud83d\udcf8: Yan Dobronosov pic.twitter.com/rbO4NhDBTG
— Kate from Kharkiv (@BohuslavskaKate) January 10, 2026
Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces russes ont de nouveau attaqué le réseau électrique du pays, coupant brièvement l’électricité dans les régions de Dnipropetrovsk et de Zaporijia, dans le sud-est du pays. C’est la seconde fois en une semaine que l’oblast de Zaporjia subit de telles coupures. Plusieurs centaines de milliers de foyers ont été impactés. Dans la région de Dnipro, le maire Borys Filatov parle « d’urgence nationale ».
Jusqu’à – 20 °C : un froid de plus en plus intense
Les autorités ukrainiennes s’inquiètent entre autres de potentiels décès liés au froid, d’autant que plusieurs hôpitaux sont aussi impactés par ces coupures d’électricité. Le quatrième hiver de cette guerre entre l’Ukraine et la Russie pourrait en effet être le plus froid et le plus sombre. Les dégâts accumulés sur le réseau énergétique ukrainien mettent en effet les compagnies d’électricité au bord de la rupture : « Actuellement, la situation en matière d’électricité est la plus difficile de cet hiver », estime la plus grande entreprise énergétique privée d’Ukraine, DTEK.
Greetings from Kyiv
and our –11 °C.Filmed this earlier today, when I finally decided it was time to go out and buy some food.
We still have only rare hours with electricity and minimal heating.
Now an air raid alert has joined the list. pic.twitter.com/gDfNyjxbYH— Yaroslava (@strategywoman) January 11, 2026
Sur le plan météorologique, les conditions s’annoncent extrêmes. Les températures, déjà inférieures à – 12 °C, doivent chuter à – 20 °C la semaine prochaine. De son côté, la Première ministre Yuliia Svyrydenko a déclaré que des améliorations significatives de la situation en matière d’approvisionnement énergétique sont attendues d’ici le 15 janvier.
Des frappes condamnées
« La Russie a atteint un nouveau niveau effroyable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans ses attaques contre les civils et infrastructures civiles en Ukraine », dénonce l’ambassadeur d’Ukraine à l’ONU Andriï Melnyk dans une lettre. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné ces frappes : « Les attaques contre des civils et des infrastructures civiles violent le droit international humanitaire. Peu importe où elles se produisent, elles sont inacceptables et doivent cesser immédiatement », a-t-il déclaré selon son porte-parole.