Par
Glenn Gillet
Publié le
11 janv. 2026 à 18h20
« C’est lui qui a pris la décision de se séparer. C’était un coup de colère et puis il m’a dit : ‘on arrête, je te vire’. Ça s’est passé comme ça ». Jérôme Gauliard candidat (divers droite) aux élections municipales à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et jusqu’ici héritier désigné de Patrick Balkany, annonce ce dimanche 11 janvier 2026 avoir perdu le soutien de l’ancien maire toujours inéligible, et de son ancienne adjointe Klaudia Lafont. Il reste malgré tout dans la course pour la mairie.
« Je n’accepte pas d’être un pantin »
Les deux élus se sont « désolidarisés » de sa campagne, indique le candidat, qui explique que sa trop grande « indépendance » aurait déplu. « Pour faire simple, je n’accepte pas d’être un pantin », résume-t-il. Il avait pourtant scellé un accord avec Patrick Balkany en juin en des termes clairs : en cas de confirmation par la cour d’appel de Paris de la peine de 10 ans d’inéligibilité de l’ancien maire, Jérôme Gauliard était propulsé comme tête de liste pour « ramener l’ADN Balkany à Levallois, de ses propres termes ».
La décision de justice hypothéquant à court terme l’avenir politique de l’ancien baron des Hauts-de-Seine, 77 ans, tombe début novembre. Jérôme Gauliard est alors intronisé à la condition, il le révèle aujourd’hui, que Klaudia Lafont devienne sa première adjointe. « Aucun problème » pour lui, qui loue encore aujourd’hui l’expérience et le réseau de l’ancienne élue.
« J’avais écrit un programme au mois d’août qui était archi complet et qu’il (Patrick Balkany) avait trouvé super, qui était très tourné vers l’économie, vers le futur de la ville. Il m’avait dit ‘à 95 % je suis d’accord avec toi’», rembobine Jérôme Gauliard. En décembre, lors d’une sortie pour la campagne sur le marché Henri-Barbusse à Levallois, l’ancien maire assurait à actu Paris que les deux hommes étaient « sur la même longueur d’onde » et saluait le fait que « son » candidat veuille « revenir aux fondamentaux de ce que j’ai fait quand je suis arrivé en 1983 » : la sécurité, la propreté, le soutien aux commerçants, aux associations sportives, sans oublier « la joie de vivre ».
Réécriture du programme, rumeur de trahison…
Mais récemment, Jérôme Gauliard a appris qu’autour de l’ancien édile, « il y avait deux personnes qui ont réécrit le programme, sauf que je n’étais absolument pas d’accord ».
« Aujourd’hui, il raconte, en dehors des saloperies qui traînent, que je n’ai ni de programme, ni rien du tout, ce qui est totalement faux. »
Jérôme Gauliard
« En sachant que je l’apprécie beaucoup et que je le respecte, j’essaie de comprendre sa réflexion et je pense qu’il est habitué à faire ce qu’il veut des gens, sauf que moi, je suis libre ». Un terme répété quatre fois dans le communiqué d’annonce de la rupture avec ses anciens soutiens. « Je crois qu’il y a des gens qui lui montent la tête et ce ne sont pas des bons. Il y en a beaucoup qui lui ont fait croire que j’allais le trahir. Mais pour moi, il y avait un accord et j’allais le respecter strictement », défend-il.
Votre région, votre actu !
Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.
Il affirme auprès d’actu Paris que Patrick Balkany « a un plan B avec une autre personne ». Contacté, l’ancien maire n’a pas répondu à nos sollicitations à ce stade.
« Maintenant, tous les coups sont permis »
Avant de parler publiquement, Jérôme Gauliard a échangé avec ses soutiens et ses proches pour évaluer le « risque » que poserait un maintien de sa candidature car « maintenant, tous les coups sont permis ». Mais il a finalement décidé d’annoncer la rupture et le maintien de sa candidature, pour porter une vision qu’il continue à revendiquer comme très inspirée de l’action de Patrick Balkany à la tête de la ville. « Je garderai toujours du respect et une fidélité parce que je suis conscient de tout ce qu’il a fait pour la ville », tient-il à souligner.
Malgré cet épisode dont il « se serait bien passé », Jérôme Gauliard ne se sent pas déstabilisé. « La campagne est enregistrée sous ma mandataire financière et mon nom, on a le compte de campagne, on a tout. On a toute la mécanique », précise-t-il. Il indique que les mesures de son programme vont « continuer à sortir » dans les semaines à venir et se tient prêt à rentrer dans la dernière ligne droite de la campagne.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.