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Publié le 11/01/2026 22:02

Mis à jour le 11/01/2026 22:50

Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min

Royaume-Uni : quand les cavaliers font la chasse aux... joggeurs

Royaume-Uni : quand les cavaliers font la chasse aux… joggeurs
(France 2)

3min

Si la chasse à courre est interdite depuis une vingtaine d’années en Grande-Bretagne, une nouvelle activité a pris le relais : des chevaux, une meute de chiens et des joggeurs, qui tentent de leur échapper.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Des cavaliers, une meute de chiens, et des aboiements dans la campagne anglaise (Royaume-Uni) : la scène a tout d’une partie de chasse à courre. À une différence près, en guise de gibier, des joggers. France Télévisions a testé la chasse aux joggers, un loisir à la popularité grandissant outre-Manche.

Tous les dimanches, la sortie est encadrée par Jeremy Whaley. Ce maître d’équipage élève depuis plus de 20 ans des Saint-Hubert, une race de chien très différente de celle traditionnellement utilisée pour la chasse à cour. « Ils ont un bien meilleur odorat, ce son de super limiers. Comme nous chassons des êtres humains, il faut un odorat très fin », explique-t-il, soulignant que les animaux « savent qu’ils vont bientôt s’amuser ».

Pour observer l’étrange chasse de l’intérieur, Ambroise Bouleis, de France Télévisions Londres, s’est mêlé aux appas du jour, un groupe de coureurs. « Vous devez rester toujours groupés, car vos odeurs vont se mélanger comme un pot de peinture. C’est ce mélange que les chiens vont poursuivre. Votre but est de terminer la course avant que les chiens ne vous rattrapent, mais vous devez jouer collectif. Vous ne pouvez abandonner personne », introduit Jeremy Whaley.

Départ des coureurs, il est 14h03. Le groupe s’élance à travers champs, en évitant soigneusement les sentiers où d’autres randonneurs auraient laissé leurs traces. Pour les chiens, le top départ n’est donné que 20 minutes plus tard, car ils vont trois à quatre fois plus vite qu’un être humain. La meute piste le groupe à la trace, suivie par les cavaliers. Les premiers aboiements se font entendre.

Quelles sont les motivations des coureurs ? « Ma fille participait à ses sorties à cheval, et je me suis dit que je ferais mieux de courir plutôt que de l’attendre sans rien faire », confie une femme. « Pour moi, c’est une tradition, une façon de se dépenser et le plaisir de faire partie d’une équipe », ajoute un autre membre.

En Angleterre, la chasse à courre a longtemps traqué le renard. Une pratique jugée cruelle et interdite depuis 20 ans, mais parfois encore exercée clandestinement. Alors qu’un durcissement de la loi se profile, la chasse au jogger attire de plus en plus de cavaliers. « La loi a changé, il faut faire avec. Et c’est une façon de s’amuser sans violence », avance une adepte. « Moi, je ne chassais pas pour tuer des renards, je détestais ça. Ce que j’aime, c’est le dressage des chiens. Je ne peux plus manger le gibier à présent, mais ça me va », assure un cavalier.

Après plusieurs kilomètres, le groupe de coureurs atteint son objectif. Les chiens l’ont rattrapé, sans jamais perdre sa piste. « Ça fait quelque chose d’avoir les chiens qui nous aboient aux trousses derrière. Je vois que je n’ai pas trop de risque qu’ils me mangent. Par contre, je vais finir couvert de bave », conclut Ambroise Bouleis. Chaque dimanche, les adeptes parcourent ainsi une douzaine de kilomètres à travers champs. Une façon de courir après l’adrénaline sans nuire à la faune sauvage.