Le ciel est gris et le vent glacial ce dimanche matin. Devant l’entrée du Triangle des jeunes improvisent une partie de foot pour passer le temps. Dans une salle du centre culturel environ vingt-cinq personnes, femmes, familles, mineurs sans logement ont trouvé un endroit pour se mettre à l’abri. Vendredi après-midi, aidés par des membres de l’interorganisation de soutien aux personnes exilées une quarantaine de migrants s’étaient installés dans d’anciens bureaux situés rue de la Motte Brûlon dans le quartier nord Saint-Martin. Un lieu aux conditions de vie précaire sans eau ni électricité. « On nous a expliqué qu’on ne pouvait pas rester car l’endroit devait être désamianté et les équipes chargées de le faire devaient intervenir lundi » expliquent Angela et Yann membres du collectif. Le groupe Lamotte, propriétaire des lieux, ayant déposé plainte, la police est finalement intervenue, samedi matin, pour demander aux occupants de quitter les lieux. Une opération qui s’est déroulée dans le calme. Le groupe s’est alors retrouvé une nouvelle fois à la rue. Après avoir pris contact avec les responsables du Triangle une solution de court terme a pu être trouvée : « Ils nous ont dit qu’ils ne se voyaient nous refuser cette mise à l’abri pour le week-end » soulignent les militants. Une démarche qui engendre un coût financier pour l’association qui gère l’établissement, obligée pour l’occasion de faire appel un agent de sécurité.

Long parcours en quête d’un abri

Ces migrants connaissent bien ce long parcours en quête d’un abri. En mars 2025 un campement s’était installé au parc de Maurepas. Lors de son évacuation le 23 octobre, 260 personnes y vivaient sous des tentes. Le 29 octobre commençait alors l’occupation du centre social Simone Iff, dans le quartier de Maurepas, par une centaine de personnes sans solution de logement accompagnés par des associations d’aide aux exilés. L’endroit avait été évacué le 4 décembre dernier à la suite d’une décision de justice et 137 personnes avaient alors été mises à l’abri. « Il y avait eu un certain effort de la préfecture qui avait été fait » note Angela. Des solutions temporaires, quelques fois éloignées, qui ont été prolongées du fait de la période hivernale. « Certains d’entre eux sont revenus et ce sont ces personnes que l’on retrouve ici ». Début décembre une trentaine de personnes exilées s’étaient réfugiées au BAM, à Cleunay et s’étaient engagées à quitter les lieux le 23 décembre. Un groupe qui après des discussions avec le diocèse de Rennes avait pu être hébergé le temps des fêtes à l’église Saint-Joseph et l’église Saint-Augustin. Une durée finalement prolongée jusqu’au vendredi 9 janvier au vu des conditions climatiques de ces derniers jours.

Le manque d’hébergement reste ainsi pour les associations d’aide aux exilés un problème récurrent. « On demande notamment que l’État assume ses fonctions d’obligation d’hébergement d’urgence. La ville a aussi autorité pour réquisitionner des bâtiments qui sont vides » soulignent les deux militants associatifs.