Par
Cédric Nithard
Publié le
11 janv. 2026 à 17h51
En choisissant le général de gendarmerie Bernard Thibaud pour prendre en charge les ressources humaines de la Ville et de la Métropole si jamais elle parvient à prendre la mairie de Montpellier en mars prochain, Isabelle Perrein souhaite-t-elle mettre l’administration au garde-à-vous ? La candidate sans étiquette, tête de la liste Aimer Montpellier, entend plutôt la rendre plus efficace et assurer une qualité de travail aux agents.
« un signal de rupture »
Avec environ 3 700 agents à la Ville et 2 800 à la Métropole, ce sont « 6 500 femmes et hommes qui font vivre chaque jour le service public local. Ces agents sont la colonne vertébrale de notre ville. Rien ne peut se faire sans eux » observe Isabelle Perrein. La candidate sans étiquette fait le constat d’ »une parole trop souvent ignorée ». Expliquant avoir échangé avec les organisations syndicales, les représentants du personnel et des agents, elle dresse le constat d’ »une absence de dialogue réel avec la hiérarchie, un sentiment de mépris et de distance de la part des élus, un manque criant de formation, l’absence de véritables perspectives de carrière et d’évolution et une gestion des ressources humaines jugée technocratique et déshumanisée ». Ce qui conduirait selon elle à « un malaise profond qui nourrit l’absentéisme, l’épuisement professionnel et la perte de sens. Il affaiblit le service public et pénalise directement les Montpelliérains ».
C’est pourquoi, elle entend envoyer à ces agents « un signal politique fort, un signal de respect, un signal de rupture avec une gestion des ressources humaines vécue comme autoritaire, distante et déshumanisée ». Charge donc à Bernard Thibaud de renouer le dialogue. « Son expérience, fondée sur l’écoute, la coopération, le bon sens, l’ouverture d’esprit, la négociation et la responsabilité, sera précieuse pour remettre de la sérénité là où il domine aujourd’hui la crispation, et de l’apaisement là où les agents expriment un profond mal-être » défend-elle en lui confiant donc la mission de « ramener le dialogue social au coeur de la décision publique ». Un ralliement du général de gendarmerie qui « n’est ni symbolique ni cosmétique. Il traduit une ambition claire : rompre avec le mépris, mettre fin à la verticalité brutale et refonder une gestion des ressources humaines fondée sur le respect, la reconnaissance et la compétence ».
Un plan d’action à cinq ans
Ainsi, après avoir confié le dossier de la sûreté au policier et syndicaliste Vincent Hergott, Isabelle Perrein s’est tourné vers Bernard Thibaud, général de brigade de deuxième section, nommé en 2018 et qui n’est plus aujourd’hui en service actif, ayant occupé différents postes à responsabilité au sein de la gendarmerie nationale depuis 1985 avec comme dernière affection en 2020 le poste de sous-directeur de la police judiciaire à la direction des opérations et de l’emploi. « J’ai toujours misé sur l’intelligence collective et j’ai toujours recherché la cohésion des équipes. Je me suis toujours placé au milieu des femmes et des hommes qui étaient à mes côtés. J’ai retenu de mon parcours que la considération et la proximité favorisaient indéniablement la confiance et le respect entre les personnes » se présente-t-il. Disant n’avoir jamais eu d’engagement politique, Bernard Thibaud précise : « Je ne suis pas un politique au sens où on l’entend mais cela fait 45 ans que je discute régulièrement avec des politiques et principalement les élus, les habitants et les victimes ».
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En cas d’élection d’Isabelle Perrein, il souhaite mettre en place des rencontres avec tous les agents pour procéder à un audit des services. « Ils pourront exprimer leur souhait professionnel et décrire leurs aspirations d’avenir. Donner la parole à chacune et chacun est un gage de reconnaissance désirée ». Accompagnement, formation et réorientation des agents, « dans la concertation, le respect de la règlementation existante et dans l’intérêt général », seront ainsi au coeur d’un plan d’action à cinq ans. « Ce temps est indispensable pour offrir des perspectives à tous » explique-t-il tout en mesurant la mission : « Aujourd’hui, la gestion des forces vives au service des collectivités reste un défi à réaliser, j’en suis conscient. Pour un service public de qualité et efficace, il demande de fonctionner différemment. Isabelle Perrein souhaite des agents bien dans leur métier, à l’aise dans leurs relations aux autres et efficacement employés ». La candidate envisage donc « une rationalisation de l’organisation quotidienne pour apporter du confort aux agents de la Ville et de la Métropole » en donnant en exemple : « En fonction des lieux d’habitation des agents pourquoi les rattacher à des services publiques à l’autre bout de la ville alors qu’ils pourraient faire le même travail à côté de chez eux ».
Le renouvellement
Notaire de profession, Isabelle Perrein défend vouloir appliquer une vision du secteur privé sur la fonction publique : « C’est une vision du management. Cela reste du management de ressources humaines. Je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que l’on parle de la fonction publique, on devrait avoir une façon différente de raisonner. L’attendu des agents et exactement le même que l’attendu de n’importe quel salarié ». Quant à la problématique des emplois dits « fantômes » ou « fictifs », la candidate précise : « Pour en parler il faudrait que je connaisse exactement le dossier, ce à quoi je n’ai pas accès aujourd’hui. Faudrait-il que j’ai la certitude que ces emplois soient réellement fictifs. Il y a parfois des personnes qui peuvent être mis au placard parce qu’il faut être avec et pas contre comme on m’a rapporté. Avec moi ce sera fini, c’est à dire que l’on appartient à un groupe et on veut travailler ou pas mais on n’est pas avec ou contre. Personne ne sera puni parce qu’il est contre tant qu’il a envie de s’investir et est dans l’action pour le service public ». Sur l’absentéisme, elle enfile sa casquette de cheffe d’entreprise pour souligner : « Il est bien plus important que dans d’autres collectivités du territoire. Quand vous arrivez à un tel niveau c’est qu’il y a un problème et souvent ce n’est pas à la base, c’est la tête ». Une tête qui prendrait donc le visage de Bernard Thibaud.
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Bien dans « son couloir de nage », défendant un positionnement « sans étiquette », a deux mois de l’élection, Isabelle Perrein continue d’affiner son projet et d’étoffer son équipe. Récemment, elle a ainsi pu compter sur le ralliement du militant écologiste Christian Puech ou de l’ancien adjoint de Philippe Saurel Luc Albernhe. « De ne pas avoir d’étiquette de parti cela nous permet une liberté totale. Le coeur n’est pas à gauche et les problèmes de sécurité ne sont pas à droite, ce sont des problèmes qu’il faut solutionner. On voit bien où nous ont mené les élus avec une pensée monopartiste. On a aujourd’hui besoin d’être inventif et de se renouveler ». Un renouvellement, couloir de nage qui lui est revendiqué par la plupart des candidats, qu’elle entend incarner auprès des électeurs.
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