
Depuis le milieu des années 1980, plusieurs artistes ont réhabilité un ancien bâtiment de la SNCF, alors une friche industrielle, pour fonder Les Frigos. Ils y ont aménagé leurs ateliers et espaces de vie, en y amenant eux-mêmes et à leurs frais l’eau et l’électricité, en perçant des fenêtres, en rendant ces anciens lieux de stockage aptes à accueillir leurs activités professionnelles et à y vivre.
En septembre 2025, ils ont comparu devant le tribunal administratif dans le cadre d’une procédure d’expulsion lancée par la mairie de Paris en 2023, après avoir résilié leurs conventions d’occupation.
Depuis son rachat par la ville en 2003, le bâtiment des Frigos n’a jamais été rénové, au mépris de ses engagements et des demandes des locataires. Les conventions d’occupation précaires, obtenues par les artistes à leur arrivée dans les années 1980 et 1990 et qui les liaient à la SNCF sont désormais aux mains de la Mairie de Paris. Les loyers ont eux subi une hausse constante en total décalage avec la nature initiale des locaux : des chambres froides et hangars désaffectés, vidés et reconstruits par les habitants. Ces hausses répétées ont été possibles par la nature des baux commerciaux en vigueur : aucun propriétaire foncier à Paris n’a le droit d’exercer de telles augmentations sur des logements. Cette politique a évidemment entraîné une vague de loyers impayés, alors même que les artistes, par leurs travaux et leur activité artistique, ont créé eux-mêmes la valeur des Frigos.
Par exemple : Une des artistes expulsables a vu son loyer passer de 600€ à 2000€ en quinze ans, alors qu’elle touche aujourd’hui une retraite de 900€, tout en continuant de travailler. Les dettes locatives sont aujourd’hui directement saisies sur son compte, ne lui laissant que 500€ pour vivre, payer son loyer, rembourser sa dette, et aucune solution de relogement possible.
Aujourd’hui la mairie de Paris brandit ce lieu comme la fierté de la ville des arts, mais se comporte pourtant en propriétaire foncier et non comme acteur culturel auprès des artistes y habitant depuis 40 ans.
Contrairement à ses obligations de propriétaire, la Mairie de Paris a délibérément laissé le bâtiment se délabrer pour créer de la précarité, avant de commencer à expulser – dans un premier temps – les occupants les plus précaires. A terme, son but est de vider intégralement le bâtiment, mais elle a fait le choix stratégique ignoble de commencer par les plus fragiles pour créer une séparation entre artistes « riches » et « pauvres ».
Une vingtaines d’ateliers déjà vides
En effet l’argument des chiffres que brandit la Mairie de Paris et qu’elle fait valoir au tribunal administratif est hypocrite : il y a aujourd’hui aux Frigos une vingtaine d’ateliers vides, depuis le décès de leurs occupants ou leur départ suite à la menace de procédures d’expulsions. La mairie de Paris choisit de ne pas relouer les ateliers vacants, et ce depuis des années. Les ateliers concernés aujourd’hui par ces expulsions ne viendront que s’ajouter à ceux déjà mis sous scellés, quand des centaines d’artistes à Paris et en Île-de-France sont en besoin d’un lieu pour exercer leur activité.
NOUS DÉNONÇONS LA POLITIQUE DE LA MAIRIE DE PARIS ET LE PROCESSUS PLUS GLOBAL DE LA GENTRIFICATION DE PARIS.
NON AU MAL-LOGEMENT, NON AUX EXPULSIONS !
NOUS DEMANDONS :
l’abandon des procédures d’expulsion
la réinstauration de nos conventions d’occupations non précaires et à durée indéterminée
des loyers abordables, adaptés à nos situations et en prise avec la réalité de ce que sont ces locaux
la réattribution des ateliers vides
Pétition sur change.org
Courrier à envoyer à Mme Hidalgo, maire de Paris, et à la mairie du 13e