Par

Emilien Jacques

Publié le

11 janv. 2026 à 21h57

Depuis l’envoi du budget par le rectorat de l’académie de Normandie au lycée André Maurois, à Elbeuf (Seine-Maritime), pour la rentrée 2026 de l’établissement, la direction est plongée dans l’incompréhension. Les enseignants expriment leur inquiétude face à certaines décisions qui risquent, selon eux, d’avoir de lourdes conséquences sur le parcours des élèves et sur l’avenir des professeurs. Aujourd’hui, ils alertent sur la situation.

La filière technologique impactée

L’établissement André Maurois dispense un enseignement général, mais également technologique avec la filière STMG qui comprend aujourd’hui 3 classes de 1ère et autant de Terminale. Mais dès la rentrée prochaine, une classe de 1ère va fermer. Or, aujourd’hui, elles affichent toutes complet, avec 35 élèves par classe. Une décision incohérente pour le corps enseignant qui s’inquiète des conséquences sur le choix d’orientation des élèves : « 35 élèves ne pourront plus poursuivre dans la filière STMG. 35 élèves à qui on va imposer de s’orienter vers une filière générale ou vers un lycée professionnel, constate Stéphane Heude, professeur et coordinateur des équipes Economie-Gestion du lycée. On leur impose une orientation par défaut. »

Déjà, l’année passée, le rectorat avait décidé de fermer une 1ère STMG à la rentrée 2025, avant de rétropédaler et d’annuler sa décision devant le nombre d’élèves demandant cette filière. Les enseignants espèrent vivement un scénario similaire en 2026 car la fermeture de cette classe entraînera logiquement celle d’une Terminale et menace donc directement leurs emplois. « On observera à la rentrée 2026 au minimum la suppression de deux postes, avec des grosses interrogations pour la suite », poursuit Stéphane Heude.

L’insertion professionnelle menacée

Une autre mesure annoncée par le rectorat est venue grossir les préoccupations de l’équipe Economie-Gestion. Celle de la réduction des capacités d’accueil dans deux formations d’études supérieures proposées par le lycée André-Maurois : les BTS Comptabilité/Gestion et Management Commercial Opérationnel, qui passeront de 24 places disponibles à 16 pour le premier, et de 35 places disponibles à 18 pour le second.

Des classes qui, là aussi, faisaient le plein jusqu’à aujourd’hui, traduisant une demande importante dans le bassin elbeuvien pour cet enseignement supérieur. Un territoire qui ne dispose pas d’alternatives de proximité en termes de formation professionnelle. « Les étudiants devront aller sur Rouen, ou à la fac », déplore Stéphane Heude, qui craint également un impact sur l’insertion professionnelle des élèves.

En effet, l’équipe Economie-Gestion observe un besoin sur le marché du travail des profils formés dans ces BTS. Selon eux, une réduction de leurs capacités d’accueil apparaît « en décalage avec les besoins économiques du territoire. »

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Une décision imposée « sans explications »

Les professeurs du lycée André Maurois sont aujourd’hui dans l’incompréhension face à des mesures décidées selon eux « sans connaissance réelle des données locales ». Le manque de communication de la part du rectorat quant à ces prévisions suscite également l’indignation.

Cette décision nous a été imposée sans explications, personne n’a eu de justification concernant ces réductions d’effectifs, c’est ce qui nous surprend et nous alerte.

Stéphane Heude, professeur au lycée Maurois d’Elbeuf.

Même si l’enseignant n’ignore pas pour autant les problématiques budgétaires qui se cachent bien souvent derrière ces annonces. Le corps enseignant et les élèves du lycée André Maurois tirent donc la sonnette d’alarme à travers notamment une pétition en ligne (www.change.org), que le maire d’Elbeuf, Djoudé Merabet, a invité à signer dans une vidéo sur sa page Facebook et dans laquelle il dénonce « une décision qui va remettre en cause l’offre de formation du territoire elbeuvien ».

Le rectorat justifie ses mesures

Suite à nos sollicitations, le rectorat affirme de son côté que la réduction d’effectifs dans les deux classes de BTS s’explique par « le constat de places restées vacantes de manière récurrente sur ces formations depuis plusieurs années », et dans une logique d’équilibre territorial en répartissant « les flux d’étudiants à l’échelle de l’académie afin de garantir une mixité et une viabilité des cohortes dans l’ensemble des domaines professionnels du secteur. »

Et d’ajouter concernant la fermeture de 1ère STMG : « l’ouverture d’une division supplémentaire de 1ère STMG en juillet 2025 répondait à un besoin ponctuel », informe le rectorat.

Cette mesure n’avait pas vocation à devenir pérenne, cette division ne sera effectivement pas reconduite à la rentrée 2026, l’établissement retrouvant ainsi sa structure initiale de référence.

Rectorat de la région académique Normandie

Par ailleurs, le rectorat affirme rester « attentif aux inquiétudes exprimées par la communauté éducative » et garder la volonté d’instaurer un « dialogue social habituel afin d’accompagner au mieux les enseignants. »

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