C’est une annonce qui va notamment ravir le président brésilien Lula mais qui risque dans le même temps d’amplifier la colère d’une partie des agriculteurs européens. La présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen va bien signer samedi 17 janvier le traité de libre-échange avec une partie des pays du Mercosur, a annoncé Bruxelles dimanche.
L’UE a donné son feu vert vendredi à cet important accord commercial avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay qui va créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs. Ursula von der Leyen a d’ailleurs salué vendredi un « accord historique » avec l’Amérique latine, qu’elle a « hâte » de parapher.
Le feu vert décisif de Meloni
Fruit de plus de 25 ans de négociations, le traité ne fait toutefois pas l’unanimité en Europe. Si une majorité d’Etats européens a donné son aval, grâce au soutien décisif de l’Italie de Giorgia Meloni, la Hongrie, la Pologne, l’Irlande, l’Autriche et la France se sont opposées à cet accord.
Pour ses partisans, ce traité va permettre de relancer une économie européenne à la peine. En supprimant une large part des droits de douane, il favorisera les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages.
Les agriculteurs restent mobilisés
Mais pour ses détracteurs, il va faciliter l’entrée en Europe de bœuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés. Et cela rend furieux de nombreux agriculteurs européens, inquiets de la perspective d’un afflux de viande bovine et d’autres produits bon marché et pas forcément respectueux des normes européennes – faute de contrôles suffisants – en provenance d’Amérique du Sud.
En France, après des actions la semaine dernière, les agriculteurs ne comptent pas relâcher la pression sur le gouvernement ce lundi. Des blocages de plusieurs autoroutes ou encore de raffineries sont ainsi à prévoir. La colère agricole se fait aussi entendre dans plusieurs pays européens, notamment en Irlande ou encore en Italie.
Car pour les agriculteurs opposés à l’accord, la bataille n’est pas encore totalement perdue. La ratification de ce traité dépend encore d’un vote, qui s’annonce serré, au Parlement européen, probablement en février ou en mars. Un grand rassemblement d’agriculteurs est donc prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.